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		<title> L'enjeu sanitaire de la substitution du bisph&#233;nol A</title>
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		<dc:subject>pollution chimique</dc:subject>

		<description>Pourtant les propri&#233;t&#233;s oestrog&#233;niques du groupe des bisph&#233;nols sont
connues depuis 1936 tant pour le BPA que pour le BPS, le bisph&#233;nol B, AF
ou encore le F. Mais contrairement au BPA, le plus utilis&#233;, les &#233;tudes
de toxicit&#233; sont encore peu nombreuses, m&#234;me si au cours des 5 derni&#232;res
ann&#233;es, la recherche commence &#224; produire des donn&#233;es, d&#233;montrant des
effets similaires entre le BPA et le BPS. Le BPS ne fait donc l'objet
d'aucune restriction d'utilisation.

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;&#233;cologie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot192" rel="tag"&gt;pollution chimique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Avec les restrictions d'utilisation du bisph&#233;nol A (BPA) &#233;tendues &#224; de
nombreuses applications, l'industrie a mis sur le march&#233; des produits &#171; BPA free &#187;. Reste &#224; prouver la s&#233;curit&#233; sanitaire de ces substituts. Le
cas du bisph&#233;nol S interroge les politiques de substitution.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;tude scientifique publi&#233;e en 2012 par Environmental Science and
technology sur l'exposition des populations au Bisph&#233;nol S (BPS), est la
premi&#232;re du genre. Depuis le retrait progressif du BPA -massivement
employ&#233; dans la fabrication de contenants alimentaires et comme adjuvant
&#224; de nombreux plastiques-, amorc&#233; d&#232;s la fin des ann&#233;es 1990 au Japon,
d&#233;but 2 000 aux Etats-Unis, puis en France, les industriels se sont
tourn&#233;s vers d'autres compos&#233;s. Les restrictions d'utilisations du BPA
&#233;tendues &#224; de nombreux pays -en raison de son caract&#232;re de perturbateur
endocrinien avec des effets d&#233;l&#233;t&#232;res sur le d&#233;veloppement (syst&#232;me
endocrinien, neurologique immunitaire)-, l'industrie mondiale l'a
remplac&#233; progressivement par d'autres substances ou d'autres compos&#233;s
comme le bisph&#233;nol S, B, F et AF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un usage r&#233;pandu du BPS en remplacement du BPA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous ces bisph&#233;nols ont &#233;t&#233; et sont utilis&#233;s dans la production de
polycarbonates et de r&#233;sines. Selon l'&#233;tude sur l'exposition humaine au
BPS conduite dans huit pays (Chine, Japon, Etats-Unis, Malaisie, Kowe&#239;t,
Inde et Vietnam) sur la base d'&#233;chantillons d'urine, les taux les plus
&#233;lev&#233;s de BPS se situent au Japon aux Etats-Unis, suivi par la Chine. La
fr&#233;quence de d&#233;tection est de 100% au Japon, 97% aux Etats Unis, 82% en
Chine. Les auteurs de l'&#233;tude notent &#224; cet &#233;gard que la fr&#233;quence et les
taux &#233;lev&#233;s compar&#233;s aux autres pays sont en concordance avec les
efforts r&#233;alis&#233;s notamment par ces deux pays pour substituer le BPA : le
Japon a ainsi banni le BPA des tickets de caisse d&#232;s 2001 tandis que le
plus important fabricant am&#233;ricain de papier thermique annon&#231;ait, en
2006, le remplacement du BPA par le BPS. Mais cette application du BPS
est loin d'&#234;tre la seule : les mesures de BPS sont les plus &#233;lev&#233;es dans
les &#233;chantillons d'urine qui comportent aussi le plus de BPA, indiquant
des sources d'expositions similaires : cannette et conditionnements
alimentaires. Enfin, ce sont les plus jeunes (moins de 19 ans) qui
pr&#233;sentent les taux les plus &#233;lev&#233;s. Et les auteurs de conclure que les
concentrations relativement importantes de BPS au Japon et aux
Etats-Unis par rapport aux autres pays investigu&#233;s, indiquent un usage
r&#233;pandu du BPS en remplacement du BPA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Pas de limite de migration pour le BPS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant les propri&#233;t&#233;s oestrog&#233;niques du groupe des bisph&#233;nols sont
connues depuis 1936 tant pour le BPA que pour le BPS, le bisph&#233;nol B, AF
ou encore le F. Mais contrairement au BPA, le plus utilis&#233;, les &#233;tudes
de toxicit&#233; sont encore peu nombreuses, m&#234;me si au cours des 5 derni&#232;res
ann&#233;es, la recherche commence &#224; produire des donn&#233;es, d&#233;montrant des
effets similaires entre le BPA et le BPS. Le BPS ne fait donc l'objet
d'aucune restriction d'utilisation. &lt;/strong&gt; Mais surtout, il n'y a pas de limite
maximale de r&#233;sidu, ni de limite de migration r&#232;glementaire de cette
substance de l'emballage vers l'aliment. Pourtant, tout comme le BPA, le
BPS migre de la cannette vers la boisson par exemple, ou du rev&#234;tement
en r&#233;sine &#233;poxy de la bo&#238;te de conserve dans l'aliment, exposant par
cette voie les populations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la limite de migration vers l'aliment du BPA et la dose journali&#232;re
tol&#233;rable (0,05mg par kg de poids corporel et par jour) longtemps
consid&#233;r&#233;e comme s&#251;re, sont &#224; pr&#233;sent remises en cause en raison des
effets &#224; faibles doses des perturbateurs endocriniens, rien de tel en ce
qui concerne le BPS. Or, l'&#233;tude publi&#233;e en janvier 2013 par Vinas et
Watson (Environmental health perspectives ) montre qu'&#224; quelques
variantes pr&#232;s, le BPS agit de la m&#234;me fa&#231;on que le BPA en interf&#233;rant
avec le syst&#232;me hormonal, et ce, &#224; des niveaux infimes. Pour Daniel
Zalko, chercheur &#224; l'INRA-Toulouse, et auteur de nombreuses &#233;tudes sur
les diff&#233;rents bisph&#233;nols, il faudra certainement plusieurs ann&#233;es avant
de parvenir, pour le BPS, &#224; un corpus d'&#233;tudes scientifiques aussi &#233;tay&#233;
comme cela &#233;t&#233; le cas avec le BPA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Inqui&#233;tudes sur l'ensemble de la famille des bisph&#233;nols&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Anses (Agence nationale de s&#233;curit&#233; sanitaire de l'alimentation, de
l'environnement et du travail), de son c&#244;t&#233;, a entrepris en 2011 un
travail de recensement des alternatives au BPA dont une premi&#232;re note
est parue en juin 2012 faisant &#233;tat de plus de 70 substituts en fonction
des usages (polycarbonate, r&#233;sine &#233;poxy, papier thermique), qui doit
&#234;tre suivie par un rapport complet. Celui-ci sera rendu public dans la
premi&#232;re quinzaine d'avril, avec une s&#233;rie de 4 rapports sur la question
du BPA et de ses substituts possibles. Quid du BPS ? &#171; On a identifi&#233;
une liste de candidats potentiels comme alternatives au BPA, dont le
BPS, indique Dominique Gombert, directeur de l'&#233;valuation des risques de
l'Anses. Mais l'agence a des inqui&#233;tudes sur l'ensemble de la famille
des bisph&#233;nols et de leur potentiel de perturbateur endocrinien. C'est
ce message que nous faisons passer aux industriels d&#232;s que nous le pouvons &#187;.
Dans quelles applications le BPS est aujourd'hui pr&#233;sent ? Le secret
commercial est bien gard&#233; d&#232;s lors qu'il n'y a pas de restriction
d'utilisation. Ceux qui ont opt&#233; pour le BPS ne le diront pas (le
consommateur pourra toujours &#233;viter s'il le souhaite le polyethersulfone
utilis&#233; par exemple par la marque Avent pour ses biberons &#171; sans BPA &#187;)
et ceux qui ont choisi un autre substitut, concurrence oblige, n'en
feront pas non plus publicit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le scandale alimentaire qui s'annonce</title>
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		<dc:date>2013-02-27T18:15:42Z</dc:date>
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		<dc:creator>lulu</dc:creator>


		<dc:subject>pollution chimique</dc:subject>
		<dc:subject>malbouffe</dc:subject>

		<description>Que se passe-t-il vraiment dans l'univers de la viande industrielle ? Et que nous fait-on manger, de gr&#233; ou de force ? Avant d'essayer de r&#233;pondre, il est bon d'avoir en t&#234;te deux &#233;tudes r&#233;centes. La premi&#232;re, publi&#233;e en 2011, montre la pr&#233;sence dans le lait - de vache, de ch&#232;vre ou d'humain - d'anti-inflammatoires, de b&#234;tabloquants, d'hormones et bien s&#251;r d'antibiotiques. Le lait de vache contient le plus grand nombre de mol&#233;cules. La seconde, qui date de 2012, est encore plus saisissante. Une &#233;quipe de (...)

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot346" rel="tag"&gt;malbouffe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Que se passe-t-il vraiment dans l'univers de la viande industrielle ? Et
que nous fait-on manger, de gr&#233; ou de force ? Avant d'essayer de
r&#233;pondre, il est bon d'avoir en t&#234;te deux &#233;tudes r&#233;centes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re, publi&#233;e en 2011, montre la pr&#233;sence dans le lait - de
vache, de ch&#232;vre ou d'humain - d'anti-inflammatoires, de b&#234;tabloquants,
d'hormones et bien s&#251;r d'antibiotiques. Le lait de vache contient le
plus grand nombre de mol&#233;cules.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seconde, qui date de 2012, est encore plus saisissante. Une &#233;quipe de
chercheurs a mis au point une technique de d&#233;tection des r&#233;sidus dans
l'alimentation, en s'appuyant sur la chromatographie et la spectrom&#233;trie
de masse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Analysant des petits pots pour b&#233;b&#233;s contenant de la viande, ils y ont
d&#233;couvert des antibiotiques destin&#233;s aux animaux, comme la tilmicosine
ou la spiramycine, mais aussi des antiparasitaires, comme le levamisole,
ou encore des fongicides.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes &#224; des doses tr&#232;s faibles &#8211; en g&#233;n&#233;ral &#8211;, mais, comme on le verra,
la question se pose aujourd'hui dans des termes neufs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On remarquera que, dans le scandale en cours, un mot a presque disparu :
ph&#233;nylbutazone. Cet anti-inflammatoire, on le sait, a &#233;t&#233; retrouv&#233; dans
des carcasses de chevaux export&#233;s vers la France.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
UNE FRAUDE ISOL&#201;E ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or la ph&#233;nylbutazone est un produit dangereux, interdit dans toute
viande destin&#233;e &#224; la consommation humaine. S'agit-il d'une fraude isol&#233;e ? Ou bien, comme certains &#233;l&#233;ments permettent de l'envisager, d'une
pratique tol&#233;r&#233;e par les autorit&#233;s de contr&#244;le ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nul besoin d'une vaste enqu&#234;te pour avoir une id&#233;e de l'incroyable
pharmacop&#233;e destin&#233;e aux animaux d'&#233;levage. La liste des produits
autoris&#233;s contient de nombreux douvicides (contre des vers parasites),
anticoccidiens (parasites de l'intestin), anthelminthiques (vermifuges),
hormones, vaccins, neuroleptiques et antibiotiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sait-on comment l'oxyt&#233;tracycline se m&#233;lange avec la gonadolib&#233;rine chez
un poulet ? Comment le flubendazole se marie avec l'azap&#233;rone et les
prostaglandines PGF2 dans la chair d'un porc ? Le thiabendazole avec le
diazinon ou le d&#233;coquinate dans le sang d'une bonne vache charolaise ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aucune &#233;tude sur les effets de synergie de ces produits n'est men&#233;e. Il
n'est pas dit qu'elles seraient possibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque c'est le cas, on d&#233;couvre en tout cas un nouveau monde. Le 3
ao&#251;t 2012, la revue PloS One publiait un travail sur les effets combin&#233;s
de trois fongicides tr&#232;s employ&#233;s dans l'agriculture. Leur association
provoque des effets inattendus sur les cellules de notre syst&#232;me nerveux
central.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Commentaire de l'un des auteurs, &lt;strong&gt;Claude Reiss&lt;/strong&gt; : &quot;&lt;i&gt;Des substances r&#233;put&#233;es
sans effet pour la reproduction humaine, non neurotoxiques et non
canc&#233;rig&#232;nes ont, en combinaison, des effets insoup&#231;onn&#233;s.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Effets insoup&#231;onn&#233;s, &#233;ventuellement canc&#233;rig&#232;nes, ouvrant la voie
&#8211;peut-&#234;tre &#8211; &#224; des maladies neurod&#233;g&#233;n&#233;ratives comme Parkinson, la
scl&#233;rose en plaques ou Alzheimer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette d&#233;couverte est coh&#233;rente avec les grands changements en cours dans
la toxicologie, qui &#233;tudie les substances toxiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&quot;LA DOSE FAIT LE POISON&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui encore, le principe de base de cette discipline est le Noael
(No observed adverse effect level), ou dose sans effet toxique
observable. Longtemps avant Noael, son pr&#233;curseur Paracelse &#8211; un
magnifique alchimiste du XVIe si&#232;cle &#8211; r&#233;sumait &#224; sa fa&#231;on le paradigme
actuel de la toxicologie : &quot;Toutes les choses sont poison, et rien n'est
sans poison ; seule la dose fait qu'une chose n'est pas un poison.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Phrase-cl&#233; que des g&#233;n&#233;rations de toxicologues ont r&#233;sum&#233;e dans cette
formule : &quot;La dose fait le poison.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la connaissance bouscule les id&#233;es en apparence les plus solides.
Le lourd dossier des perturbateurs endocriniens vient rebattre les
cartes de mani&#232;re spectaculaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En deux mots, ces substances chimiques imitent les hormones naturelles
et d&#233;sorientent des fonctions essentielles du corps humain, comme la
reproduction ou la diff&#233;renciation sexuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or les perturbateurs agissent &#224; des doses si faibles que l'Agence
nationale de s&#233;curit&#233; sanitaire (Anses) a pu conclure, dans un rapport
de 2011, que les effets de l'un d'eux, le bisph&#233;nol A, &#233;taient av&#233;r&#233;s &#224;
&quot;des doses notablement inf&#233;rieures aux doses de r&#233;f&#233;rence utilis&#233;es &#224;
des fins r&#233;glementaires&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est certain que ce seul propos marque un tournant. Car du m&#234;me coup,
la dose journali&#232;re admissible (DJA) du bisph&#233;nol A - sa limite l&#233;gale -
pourrait &#234;tre divis&#233;e par... 2 millions, selon le toxicologue Andr&#233;
Cicolella.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le bisph&#233;nol A pourrait m&#234;me &quot;avoir des effets plus importants &#224; tr&#232;s
faible niveau d'exposition qu'&#224; haut niveau&quot;, ce qui mettrait &#224; bas tout
l'&#233;difice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quel rapport avec cette fraude g&#233;ante appel&#233;e d&#233;sormais &quot;horsegate&quot; ?
C'est on ne peut plus limpide : nul ne sait ce que contient r&#233;ellement
la viande industrielle. Et nul ne veut savoir. Dans la lutte contre
l'orgie d'antibiotiques donn&#233;s au b&#233;tail, le minist&#232;re de l'agriculture
appara&#238;t comme un Janus biface.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, des promesses, et, de l'autre, l'inaction. Il lance fin 2011
un plan de r&#233;duction &quot;de 25 % en cinq ans de la consommation des
antibiotiques destin&#233;s aux animaux&quot;, mais que n'a-t-il oeuvr&#233; auparavant ? Entre 1999 et 2009, l'exposition du b&#233;tail &#224; ces m&#233;dicaments a
augment&#233; de 12,5 %.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes, le volume global a baiss&#233; entre ces deux dates, mais les
nouveaux produits sont actifs &#224; des doses plus faibles. La situation
s'aggrave, alors que l'antibior&#233;sistance a &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;e d&#232;s avant la
seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De quoi s'agit-il ? Apr&#232;s un temps court, les bact&#233;ries combattues par
un antibiotique mutent. Ainsi des sulfamides, introduits en 1936,
confront&#233;s d&#232;s 1940 &#224; des souches r&#233;sistantes de bact&#233;ries.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES INFECTIONS NOSOCOMIALES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi de la mol&#233;cule de t&#233;tracycline, ainsi du tristement c&#233;l&#232;bre
staphylocoque dor&#233;, dont plusieurs souches r&#233;sistantes ont donn&#233;
diverses lign&#233;es SARM (staphylocoque dor&#233; r&#233;sistant &#224; la m&#233;ticilline).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le SARM joue un r&#244;le fondamental dans les infections nosocomiales,
celles qui surviennent dans les h&#244;pitaux. Bien que des chiffres
indiscutables n'existent pas, on pense que les trois quarts des 7 000 &#224;
10 000 d&#233;c&#232;s annuels de ce type en France sont le fait de bact&#233;ries
r&#233;sistantes aux antibiotiques, au tout premier rang desquelles le SARM.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des chiffres officiels am&#233;ricains font &#233;tat de 19 000 morts dans ce pays
en 2005, soit davantage que le sida. L'enjeu de sant&#233; publique est donc
consid&#233;rable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et il n'est pas exag&#233;r&#233; de parler d'une maladie &#233;mergente, dont
l'&#233;volution demeure impr&#233;visible. Tout r&#233;cemment, le professeur David
Coleman, sp&#233;cialiste de la question, a identifi&#233; une souche si
diff&#233;rente des autres qu'elle ne peut &#234;tre d&#233;tect&#233;e par les tests
existants. Bien qu'elle touche les humains, elle se d&#233;veloppe tout
d'abord chez des animaux d'&#233;levage, surtout les bovins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est gu&#232;re &#233;tonnant, car une autre souche - le CC398 - prolif&#232;re
depuis des ann&#233;es dans les &#233;levages industriels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Autorit&#233; europ&#233;enne de s&#233;curit&#233; des aliments (EFSA) a rendu, en 2010,
un avis indiquant que le r&#233;servoir du CC398 se trouve chez les bovins,
la volaille, mais surtout chez les porcs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fait inqui&#233;tant, le SARM animal est de plus en plus pr&#233;sent dans les
infections humaines, et une &#233;tude n&#233;erlandaise (Voss et al., 2005)
&#233;tablit que les producteurs de porcs sont 760 fois plus touch&#233;s que la
population g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un exemple frappe l'imagination : celui d'un v&#233;t&#233;rinaire (Nienhoff et
al., 2009) qui transmet &#224; son propre chien un SARM animal acquis au
contact d'un porc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans ce contexte de grande inqui&#233;tude que l'EFSA lance en 2008 une
enqu&#234;te europ&#233;enne. Disons franchement qu'elle &#233;tonne. Laissons de c&#244;t&#233;
le myst&#232;re britannique, qui ne reconna&#238;t aucun cas de SARM animal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Espagne, en revanche, a retrouv&#233; la souche CC398 dans 46 % des
&#233;levages porcins, l'Italie dans 14 % d'entre eux, l'Allemagne dans 43,5
% et la Belgique dans 40 %. Autrement exprim&#233;, tous nos voisins sont
fortement touch&#233;s. Mais pas nous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nos services ne rapportent que 1,9 % d'&#233;levages porcins frapp&#233;s par le
SARM animal, dont tout le monde sait qu'il tue en France un nombre
inconnu, mais en toute hypoth&#232;se &#233;lev&#233;, de malades.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce pourcentage est peut-&#234;tre exact, mais il fait penser, mutatis
mutandis, &#224; ce nuage de Tchernobyl qui aurait par miracle &#233;pargn&#233; la France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est peut-&#234;tre exact, mais l'Europe elle-m&#234;me, par le biais de l'EFSA,
a diplomatiquement fait &#233;tat de sa grande surprise au vu des r&#233;sultats.
Citation du rapport de 2009 : &quot;L'EFSA recommande en outre que de
nouvelles &#233;tudes soient r&#233;alis&#233;es afin d'identifier les raisons
justifiant les diff&#233;rences observ&#233;es au niveau de la pr&#233;valence du SARM
dans les diff&#233;rents Etats membres.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, pourvu que ce pourcentage soit exact, ce qui serait mieux que de
jouer avec le feu bact&#233;rien. Car laisser flamber le SARM dans les
&#233;levages serait autrement plus grave que le tour de passe-passe autour
de la viande de cheval.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aucune &#233;quipe gouvernementale, depuis cinquante ans, n'a os&#233; ouvrir le
dossier infernal de l'&#233;levage industriel et de la folie des
antibiotiques. Le moment est peut-&#234;tre venu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;N&#233; en 1955 &#224; Paris, Fabrice Nicolino a travaill&#233; comme enqu&#234;teur,
chroniqueur ou reporter pour un grand nombre de journaux fran&#231;ais, parmi
lesquels G&#233;o, Le Canard encha&#238;n&#233;, Politis, T&#233;l&#233;rama, Terre sauvage, La
Croix. Il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages, dont des livres pour
enfants - dernier en date : Ma tata Th&#233;r&#232;se (Sarbacane, 2012) - et des
essais comme Pesticides, r&#233;v&#233;lations sur un scandale fran&#231;ais (Fayard,
2011) et Bidoche : l'industrie de la viande menace le monde (Actes Sud,
2010).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veut y croire</title>
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		<dc:creator>lulu</dc:creator>


		<dc:subject>malthusianisme</dc:subject>

		<description>Le biologiste am&#233;ricain Paul Ehrlich se demande depuis quatre d&#233;cennies
comment &#233;viter un effondrement de notre monde. De plus en plus d'&#233;tudes
vont dans le m&#234;me sens. Pourtant, d&#233;cideurs et m&#233;dias les taisent par
peur du catastrophisme

-
&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;&#233;cologie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot440" rel="tag"&gt;malthusianisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le biologiste am&#233;ricain Paul Ehrlich se demande depuis quatre d&#233;cennies
comment &#233;viter un effondrement de notre monde. De plus en plus d'&#233;tudes
vont dans le m&#234;me sens. Pourtant, d&#233;cideurs et m&#233;dias les taisent par
peur du catastrophisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour son &#233;lection &#224; la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait &#224;
mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette
question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre d&#233;cennies : &#171; Un
effondrement de la civilisation globale peut-il &#234;tre &#233;vit&#233; ? &#187; C'est
donc le titre que le c&#233;l&#232;bre biologiste am&#233;ricain a choisi pour la
longue tribune qu'il a r&#233;dig&#233;e &#224; l'invitation de la plus v&#233;n&#233;rable des
acad&#233;mies des sciences et qui vient d'&#234;tre publi&#233;e dans Proceedings of
the Royal Society B - l'une des revues qu'elle &#233;dite. H&#233;las ! Cette
interrogation, qui ne soulevait gu&#232;re, jusqu'&#224; r&#233;cemment, que des
haussements d'&#233;paules, est d&#233;sormais de plus en plus s&#233;rieusement
consid&#233;r&#233;e par la communaut&#233; scientifique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les premi&#232;res phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, &#224; plus de 80
ans, du d&#233;partement de biologie de l'universit&#233; Stanford (Californie),
ont servi d'entr&#233;e en mati&#232;re &#224; un colloque sur la biodiversit&#233; et la
croissance &#233;conomique, le 31 janvier, &#224; l'Ecole des mines de Paris.
Elles donnent le ton. &#171; &lt;i&gt;A peu pr&#232;s toutes les civilisations pass&#233;es ont
subi un effondrement, c'est-&#224;-dire une perte de complexit&#233; politique et
socio-&#233;conomique, g&#233;n&#233;ralement accompagn&#233;e d'un d&#233;clin drastique de la
d&#233;mographie&lt;/i&gt;, &#233;crivent le biologiste am&#233;ricain et sa compagne, Anne
Ehrlich, &#233;galement professeur &#224; Stanford. &lt;i&gt;Certaines, comme en Egypte ou
en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres
non, comme la civilisation de l'&#238;le de P&#226;ques, ou les Mayas classiques.
(...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de
l'environnement a &#233;t&#233; en cause.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nouveaut&#233; du probl&#232;me est sa dimension globale. Jadis, l'&#233;croulement
des soci&#233;t&#233;s n'a jamais &#233;t&#233; qu'un ph&#233;nom&#232;ne local ou r&#233;gional. A
quelques centaines de kilom&#232;tres des lieux o&#249; se tramait le d&#233;litement
de soci&#233;t&#233;s structur&#233;es, rien de tangible ne se produisait. Les hommes
continuaient &#224; vivre paisiblement. &#171; &lt;i&gt;Mais, aujourd'hui, pour la premi&#232;re
fois, une civilisation humaine globale - la soci&#233;t&#233; technologique, de
plus en plus interconnect&#233;e, dans laquelle nous sommes tous embarqu&#233;s &#224;
un degr&#233; ou &#224; un autre - est menac&#233;e d'effondrement par un ensemble de
probl&#232;mes environnementaux &lt;/i&gt; &#187;, poursuit l'auteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces probl&#232;mes sont connus. Ils sont au centre d'une somme consid&#233;rable
de travaux de recherche ; ils ont tous en commun d'affecter les
&#233;cosyst&#232;mes et, en cons&#233;quence, de menacer les services qu'ils offrent
gracieusement aux &#233;conomies. C'est-&#224;-dire aux hommes. La liste
qu'&#233;gr&#232;nent Anne et Paul Ehrlich est longue. Erosion rapide de la
biodiversit&#233; ; exploitation irraisonn&#233;e des oc&#233;ans ; destruction
acc&#233;l&#233;r&#233;e des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de
80 % du r&#232;gne v&#233;g&#233;tal ; &#233;puisement des sols et des eaux souterraines ;
formation de vastes zones mortes dans les oc&#233;ans, &#224; l'embouchure des
grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant
et d&#233;terminant partiellement le tout, deux ph&#233;nom&#232;nes globaux li&#233;s &#224; nos
&#233;missions de gaz &#224; effet de serre : le r&#233;chauffement climatique et
l'acidification des oc&#233;ans. L'humanit&#233; a donc devant elle un certain
nombre de difficult&#233;s...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; l'&#233;cologie scientifique et &#224; la
biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc.
En 1968 - cinq ans avant Les Limites &#224; la croissance, rapport du Club de
Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand
public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Paul Ehrlich a toujours eu comme id&#233;e que la d&#233;mographie est au centre
de tout, que nous sommes trop sur la plan&#232;te et qu'il fallait trouver
des moyens pour &#234;tre moins nombreux&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume le biologiste &lt;strong&gt;Gilles
Boeuf&lt;/strong&gt;, pr&#233;sident du Mus&#233;um national d'histoire naturelle. &#171; &lt;i&gt;A sa
publication, ce livre a re&#231;u beaucoup d'attention&lt;/i&gt;, se souvient &lt;strong&gt;James
Brown&lt;/strong&gt;, professeur &#224; l'universit&#233; du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, et
membre de l'Acad&#233;mie des sciences am&#233;ricaine. &lt;i&gt;On commen&#231;ait &#224; prendre
conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer
ind&#233;finiment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup &#233;taient
cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich
pr&#233;voyait un effondrement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fait, le biologiste augurait de vastes famines dans les ann&#233;es 1990 -
elles n'ont pas eu lieu. &#171; &lt;i&gt;Ce qui est souvent d&#233;crit comme des
pr&#233;visions &#171; fausses &#187; n'&#233;tait que des sc&#233;narios, clairement pr&#233;sent&#233;s
comme des histoires qui devaient aider &#224; penser le futur et dont
certaines ne se r&#233;aliseraient pas&lt;/i&gt;, r&#233;pond Paul Ehrlich. &lt;i&gt;Mais la
principale erreur du livre est de sous-estimer la vitesse &#224; laquelle la
&#171; r&#233;volution verte &#187; [modernisation des techniques agricoles] s'est
propag&#233;e dans les pays pauvres. Cela a sauv&#233; beaucoup de vies, mais nous
a aussi mis sur les rails o&#249; nous sommes d&#233;sormais, vers de plus vastes
famines.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich
depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de
nourriture et d'estomacs &#224; remplir. Cette crainte, r&#233;torquent les
d&#233;tracteurs du &lt;strong&gt;n&#233;omalthusianisme&lt;/strong&gt;, ne serait qu'une vieille lune puisant
dans un mill&#233;narisme irrationnel, remontant &#224; bien avant &lt;strong&gt;Thomas Malthus&lt;/strong&gt;
(1766-1834) lui-m&#234;me. On trouve, de fait, trace de cette pr&#233;occupation
aux toutes premi&#232;res heures de l'Histoire. Le plus ancien texte de
l'humanit&#233;, L'Epop&#233;e de Gilgamesh, le c&#233;l&#232;bre conte m&#233;sopotamien dont la
composition remonte &#224; la fin du IIIe mill&#233;naire avant notre &#232;re, ne
met-il pas en sc&#232;ne un ar&#233;opage de divinit&#233;s d&#233;cid&#233;es &#224; punir l'humanit&#233;
pour sa propension &#224; la multitude ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans probl&#232;me &lt;/i&gt; &#187;,
r&#233;torquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le
privil&#232;ge d'&#233;crire que les famines ne sont pas un &#171; probl&#232;me &#187; ne sont
jamais ceux qui ont eu faim. &#171; &lt;i&gt;Je trouve l'optimisme de beaucoup
d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard
d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en
meurent chaque ann&#233;e, ajoute le biologiste am&#233;ricain. Si c'est si
facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a
sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition
aujourd'hui qu'en 1968 &lt;/i&gt; &#187;, lors de la parution de The Population Bomb. Il
n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous
sommes aujourd'hui plus du double.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, m&#234;me si, dans la situation
actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards
d'humains, nous ne sommes absolument pas s&#251;rs que cela soit encore
possible dans quelques d&#233;cennies&lt;/i&gt;, redoute le biologiste Gilles Boeuf.
&lt;i&gt;Simplement parce que le syst&#232;me de production va commencer &#224; subir les
effets des perturbations que nous avons introduites dans le syst&#232;me, &#224;
commencer par le changement climatique.&lt;/i&gt; &#187; Dans de nombreuses r&#233;gions du
monde et pour certaines grandes cultures, &#171; &lt;i&gt;les rendements agricoles
n'augmentent plus depuis sept &#224; huit ans &lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise le pr&#233;sident du
Mus&#233;um. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur
le bl&#233; se font sentir depuis 1996 : en d&#233;pit des progr&#232;s agronomiques,
les rendements stagnent, apr&#232;s un demi-si&#232;cle de croissance continue.
C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'agriculture ne sera pas le seul syst&#232;me affect&#233;. Les p&#234;cheries
souffrent &#233;galement : depuis le milieu des ann&#233;es 1990, les prises
mondiales d&#233;clinent, en d&#233;pit d'un effort de p&#234;che toujours accru.
Toujours plus de bateaux sont arm&#233;s, traquent la ressource de plus en
plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la p&#234;che
mondiale d&#233;cline inexorablement. La tendance pourrait &#234;tre encore
aggrav&#233;e par le r&#233;chauffement des eaux superficielles de l'oc&#233;an et,
surtout, par leur acidification. La mani&#232;re dont les &#233;cosyst&#232;mes marins
peuvent s'adapter &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne est largement inconnue, puisque ce
dernier se produit &#224; un rythme in&#233;dit depuis au moins 300 millions
d'ann&#233;es, selon une r&#233;cente &#233;tude publi&#233;e dans la revue Science.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au chapitre des courbes qui plafonnent, celle de la production
p&#233;troli&#232;re n'est pas la moindre. Entre 2004 et 2011, malgr&#233; une demande
explosive, elle a stagn&#233;, selon la BP Statistical Review of World
Energy, entre 80 et 83 millions de barils par jour... Et ce, en comptant
les ressources non conventionnelles (huile de schiste, sables
bitumineux, etc.). &#171; La &#171; bombe &#187; et les &#171; limites &#187;, commente James Brown
en r&#233;f&#233;rence &#224; l'ouvrage de Paul Ehrlich et au rapport du Club de Rome,
deviennent probablement une r&#233;alit&#233; en ce moment m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le dernier tiers du XXe si&#232;cle, la question de la finitude du monde
est demeur&#233;e marginale dans la communaut&#233; scientifique. Elle n'a pas
suscit&#233; une &#233;cole de pens&#233;e structur&#233;e, comme la physique des
semi-conducteurs, la g&#233;nomique ou la climatologie. L'opinion et les
craintes de Paul Ehrlich sont-elles d&#233;sormais partag&#233;es par tous ? &#171; &lt;i&gt;Non, il est toujours critiqu&#233; et consid&#233;r&#233; comme trop pessimiste,&lt;/i&gt; estime
James Brown. &lt;i&gt;La majorit&#233; de la communaut&#233; scientifique ne reconna&#238;t pas
ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi consid&#233;rons comme
une urgence critique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chez les chercheurs qui travaillent sp&#233;cifiquement sur le fonctionnement
des &#233;cosyst&#232;mes, la r&#233;alit&#233; est peut-&#234;tre diff&#233;rente. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un
tableau tr&#232;s joyeux qu'il d&#233;peint,&lt;/i&gt; confie Franck Courchamp, chercheur au
laboratoire Ecologie, syst&#233;matique et &#233;volution (CNRS/universit&#233;
Paris-Sud), &lt;i&gt;mais malheureusement je pense qu'il &#233;crit tout haut ce que
la plupart des &#233;cologues pensent tout bas. &lt;/i&gt; &#187; La prestigieuse revue
Nature a par exemple publi&#233;, au printemps 2012, deux vastes synth&#232;ses de
la litt&#233;rature scientifique, men&#233;es collectivement par une quarantaine
de sp&#233;cialistes du fonctionnement des &#233;cosyst&#232;mes. Leurs conclusions
sont gla&#231;antes : non seulement l'ensemble de la biosph&#232;re terrestre
conna&#238;tra une &#171; bascule abrupte et irr&#233;versible &#187; dans les prochaines
d&#233;cennies, du fait des transformations apport&#233;es par l'homme &#224;
l'environnement, mais les services rendus aux &#233;conomies par ce dernier
vont perdre en efficacit&#233; du fait de l'&#233;rosion de la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Probablement trop d&#233;primantes, ces deux synth&#232;ses de la litt&#233;rature,
r&#233;sumant le savoir accumul&#233; par des centaines d'&#233;tudes, ont &#233;t&#233;
relativement ignor&#233;es par les m&#233;dias. Elles sont pass&#233;es inaper&#231;ues. A
peu pr&#232;s autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106
acad&#233;mies des sciences, intitul&#233; &#171; Population et consommation &#187; et qui,
en termes prudents, n'en valide pas moins les inqui&#233;tudes anciennes de
Paul Ehrlich. &#171; &lt;i&gt;Les accroissements simultan&#233;s de la population et de la
consommation non durable font que le monde se trouve face &#224; deux de ses
plus grands d&#233;fis, assurent les acad&#233;mies des sciences. La population
mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections
indiquent qu'elle sera de 7 &#224; 11 milliards en 2050, sachant que
l'accroissement de la population se fera surtout dans les r&#233;gions &#224;
faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont &#224; un niveau
jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par
individu dans les pays d&#233;velopp&#233;s&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au sein de l'establishment scientifique, les id&#233;es du biologiste
am&#233;ricain commencent donc &#224; faire leur chemin. Il suffit, pour s'en
rendre compte, de relever le nombre de fois que The Population Bomb est
cit&#233; dans la litt&#233;rature scientifique. Entre 1968 et 1995, il n'y est
fait r&#233;f&#233;rence que deux fois. Autant dire que l'ouvrage, malgr&#233; son
succ&#232;s aupr&#232;s du public, est poliment ignor&#233;. Mais dans la d&#233;cennie
suivante, entre 1995 et 2005, il est cit&#233; de dix &#224; vingt fois par an,
puis de vingt &#224; quarante fois par an depuis 2005.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, si elle appara&#238;t comme une pr&#233;occupation de plus en plus
partag&#233;e chez les scientifiques, l'impossibilit&#233; d'une croissance
exponentielle &#233;ternellement entretenue dans un monde fini reste
largement ignor&#233;e dans les cercles dirigeants, parmi les &#233;conomistes et
dans l'opinion. Le gouffre est en effet &#233;norme entre les centaines
d'&#233;tudes alarmantes et le &#171; climat &#187; g&#233;n&#233;ral des r&#233;actions. &#171; &lt;i&gt;Il y a
dans la communaut&#233; scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a
toujours &#233;tonn&#233;&lt;/i&gt;, ajoute M. Courchamp. &lt;i&gt;M&#234;me dans les instances
nationales, les scientifiques sp&#233;cialistes ont toujours peur d'&#234;tre
accus&#233;s de catastrophisme, d'opinions militantes ou exag&#233;r&#233;es. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les m&#233;dias, eux aussi, sont souvent r&#233;ticents &#224; traiter pleinement ces
sujets, souvent jug&#233;s trop anxiog&#232;nes. La connaissance accumul&#233;e sur
l'&#233;tat de tension entre le syst&#232;me technique humain et la biosph&#232;re
demeure ainsi confin&#233;e &#224; un petit nombre de sp&#233;cialistes. &#171; &lt;i&gt;Certains
essayent [de communiquer], mais les scientifiques ne sont pas form&#233;s
pour parler au public et les normes de la science et la discipline de la
pratique scientifique militent contre le fait d'aller vers le public,&lt;/i&gt;
explique Paul Ehrlich.&lt;i&gt; Mais plusieurs d'entre nous, tous des &#8216;&#8216;vieux
briscards'', s'engagent : &lt;strong&gt;James Hansen&lt;/strong&gt;, le plus titr&#233; des climatologues
f&#233;d&#233;raux&lt;/i&gt; [directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA],
&lt;i&gt;a m&#234;me &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; pour avoir manifest&#233; contre la construction d'une
centrale &#224; charbon.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la
per&#231;oivent les sp&#233;cialistes compte au nombre des grandes pr&#233;occupations
du biologiste am&#233;ricain. &#171; &lt;i&gt;Pour &#233;viter un effondrement, le plus grand
d&#233;fi est peut-&#234;tre de convaincre l'opinion, en particulier les hommes
politiques et les &#233;conomistes &lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit-il. Une grande part des
communaut&#233;s scientifiques et techniques investies dans la recherche et
le d&#233;veloppement sont aussi toujours r&#233;tives &#224; l'id&#233;e d'une finitude du
monde. &#171; Je le vois dans mes conf&#233;rences : il y a encore un d&#233;ni
incroyable &#224; propos de notre situation, rel&#232;ve Gilles Boeuf. Parfois, ce
sont m&#234;me des scientifiques qui me disent : &#171; &lt;i&gt;On ne croit pas &#224; ce que
vous dites &#187; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur le terrain du d&#233;ni, la France occupe une place &#224; part. D'abord,
ing&#233;nieurs et scientifiques passent souvent par des formations communes.
Ensuite, &lt;strong&gt;la langue fran&#231;aise a mis dans le m&#234;me mot - &#171; &#233;cologie &#187; - une
science et un mouvement politique. Du coup, les faits scientifiques qui
rel&#232;vent de la premi&#232;re sont sans cesse relativis&#233;s et discut&#233;s comme le
seraient les postures id&#233;ologiques du second. &#171; &lt;i&gt;Nous avons un vrai
probl&#232;me avec &#231;a,&lt;/i&gt; confie Gilles Boeuf. &lt;i&gt;Nous ne sommes pas &#233;cologistes,
nous sommes &#233;cologues ! &lt;/i&gt; &#187; Il ne faut pas sous-estimer la force de la
confusion des mots. La France est par exemple le dernier pays dont
l'Acad&#233;mie des sciences, en d&#233;pit des textes internationaux qu'elle a
sign&#233;s, estime incertaine l'origine anthropique du changement climatique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, lorsqu'un probl&#232;me environnemental semble tr&#232;s incertain, il n'y a
nulle raison de chercher &#224; le r&#233;soudre. Surtout si sa r&#233;solution demande
des efforts colossaux. Le sera-t-il jamais ? Au terme de leur longue
tribune dans Proceedings of the Royal Society B, Paul et Anne Ehrlich
r&#233;pondent, de mani&#232;re &#233;tonnante, oui : &#171; &lt;i&gt;L'effondrement de la
civilisation globale&lt;/i&gt; &#187; peut &#234;tre &#233;vit&#233;, &#171; &lt;i&gt;car la soci&#233;t&#233; moderne a
montr&#233; de la capacit&#233; &#224; traiter les menaces de long terme, si elles sont
&#233;videntes et continuellement port&#233;es &#224; notre attention&lt;/i&gt; &#187;. Mais cette
note d'espoir est vite remise &#224; sa place. &#171; &lt;i&gt;Nous estimons que la
probabilit&#233; d'&#233;viter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, pr&#233;cise
Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le b&#233;n&#233;fice des g&#233;n&#233;rations
futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilit&#233; &#224;
11 %. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands
changements d'&#233;tat de la biosph&#232;re et la rar&#233;faction des ressources.
Elle tient plut&#244;t au fait de savoir ce qu'est un &#171; &lt;i&gt;effondrement&lt;/i&gt; &#187;,
c'est-&#224;-dire de quelle mani&#232;re les soci&#233;t&#233;s r&#233;agiront &#224; ces changements.
Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contr&#244;le des Etats sur
leur territoire ? Incapacit&#233; &#224; assurer les besoins de base de la
population ? G&#233;n&#233;ralisation de la violence ? Ou r&#233;duction graduelle et
pacifique de la consommation mat&#233;rielle, accompagn&#233;e d'une plus forte
coh&#233;sion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du
ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays
comme la Gr&#232;ce n'incite gu&#232;re &#224; l'optimisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Menaces via les budgets pub de France 2 : Coca n'est pas le seul &#224; faire pression</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>lulu</dc:creator>


		<dc:subject>France-T&#233;l&#233;vision</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;dit Agricole</dc:subject>
		<dc:subject>Coca-Cola</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale</dc:subject>

		<description>Irrit&#233;e par un documentaire, la marque de soda envisagerait des sanctions publicitaires. La Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale et le Cr&#233;dit Agricole l'ont fait en 2012.

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot439" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Enqu&#234;te | Irrit&#233;e par un documentaire, la marque de soda envisagerait des sanctions publicitaires. La Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale et le Cr&#233;dit Agricole l'ont fait en 2012.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Touche pas &#224; mon image ! Les entreprises n'aiment pas que les m&#233;dias donnent d'elles une image diff&#233;rente de celle qu'elles se construisent &#224; grand renfort de campagnes de publicit&#233;. Plus encore, elles d&#233;testent qu'ils d&#233;noncent leurs petites ou grosses combines. Alors, pour se faire entendre de ceux qui voudraient malgr&#233; tout franchir la ligne jaune, elles disposent d'un moyen de pression efficace : &#171; sucrer &#187; les budgets publicitaires. Car derri&#232;re les entreprises se cachent des annonceurs qui &#224; tout moment peuvent d&#233;cider de supprimer leurs investissements publicitaires. C'est ce qui serait arriv&#233; d&#233;but janvier &#224; France 2 avec Coca-Cola, comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; Le Canard Encha&#238;n&#233;. La cha&#238;ne a diffus&#233; le mardi 8 janvier un documentaire Coca-Cola, la formule secr&#232;te qui, &#224; d&#233;faut de r&#233;v&#233;lations fracassantes, n'&#233;tait pas particuli&#232;rement light dans son enqu&#234;te et son commentaire. Le pr&#233;judice pour France 2 d&#233;passerait le million d'euros.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Questions qui f&#226;chent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;but, tout s'est pourtant bien pass&#233; avec Coca-Cola France. L'&#233;quipe du film avait pu tourner des images au &#171; World of Coca-Cola &#187;, ce mus&#233;e d&#233;di&#233; au monde merveilleux de la marque &#224; Atlanta. Bien s&#251;r, il avait fallu accepter d'&#234;tre accompagn&#233; de l'attach&#233; de presse fran&#231;aise et d'un responsable de la s&#233;curit&#233; locale, promettre de ne pas filmer les visiteurs&#8230; Toutes ces petites intentions qui permettent de verrouiller une saine communication d'entreprise. Les relations se sont ensuite d&#233;t&#233;rior&#233;es quand les journalistes ont cherch&#233; par tous les moyens &#224; rencontrer le grand manitou de Coca, Muhtar Kent. En vain, malgr&#233; la dizaine de mails, la vingtaine d'appels et une lettre d&#233;pos&#233;e directement &#224; son domicile. Mais, l&#224; o&#249; les choses se sont vraiment g&#226;t&#233;es, c'est quand la co-r&#233;alisatrice, Olivia Mokiejewski, s'est invit&#233;e &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle des actionnaires de Coca pour poser les questions qui f&#226;chent :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;quence qui a d&#233;clench&#233; la guerre entre Coca-Cola et France 2.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Le tournage a &#233;t&#233; compliqu&#233; &#187;, reconna&#238;t la productrice Patricia Boutinard-Rouelle, &#171; s'attaquer &#224; une entreprise comme Coca-Cola, ce n'est pas simple. &#187; Pas facile &#224; financer non plus. Les cha&#238;nes priv&#233;es ont toutes refus&#233; le projet. Pas question d'aller titiller un annonceur qui, en 2012, a d&#233;pens&#233; 52,7 millions d'euros en t&#233;l&#233;vision. Alors comme souvent, c'est le service public qui s'y est coll&#233;, et en l'occurrence France 2. Apr&#232;s la s&#233;quence de questions &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de Coca-Cola, les appels du g&#233;ant du soda n'ont pas tard&#233;. A France T&#233;l&#233;visions pour se plaindre des m&#233;thodes d'enqu&#234;te et demander &#224; voir le film avant diffusion, &#224; sa r&#233;gie publicitaire pour faire amicalement pression.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2012Coca-Cola a investi 2,38 millions d'euros sur France T&#233;l&#233;visions. Un montant plus important que les ann&#233;es pass&#233;es du fait de la diffusion des Jeux Olympiques. En temps normal le profil vieillissant des t&#233;l&#233;spectateurs de France T&#233;l&#233;visions attire plut&#244;t moins la firme d'Atlanta. Mais en p&#233;riode de rigueur budg&#233;taire, un euro est un euro et perdre un annonceur, jamais une bonne nouvelle. La r&#233;gie a donc remont&#233; les dol&#233;ances de Coca-Cola &#224; la direction de France T&#233;l&#233;visions qui, apr&#232;s avoir fait visionner le film par son service juridique, est pass&#233;e outre. A la cl&#233;, une belle audience (2,1 millions de t&#233;l&#233;spectateurs, et 162 000 en replay) et un annonceur furieux qui en aurait tir&#233; les cons&#233;quences en sabrant les investissements publicitaires sur les cha&#238;nes publiques en 2013.
Les banques m&#233;contentes&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A France T&#233;l&#233;visions, on pr&#233;f&#232;re ne pas s'&#233;tendre sur cette affaire. D'autant qu'elle n'est pas la premi&#232;re. En avril 2012, suite &#224; une enqu&#234;te de Cash Investigation sur le &#171; greenwashing &#187; (l'&#233;co-blanchiment en bon fran&#231;ais), le Cr&#233;dit Agricole avait annonc&#233; qu'il supprimerait toute publicit&#233; sur les cha&#238;nes publiques. Dans les faits, il l'a maintenu quelques mois avant de la supprimer en d&#233;cembre. Plus r&#233;cemment, en octobre dernier, la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, ulc&#233;r&#233;e par une interview de l'ex-trader, J&#233;r&#244;me Kerviel, dans l'&#233;mission de Laurent Ruquier (&#171; On n'est pas couch&#233; &#187;), a elle aussi interrompu toute publicit&#233; sur France T&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise facilite ce comportement des annonceurs. La baisse des investissements publicitaires est telle depuis des mois qu'elle les met en position de force face &#224; des dirigeants de cha&#238;nes plus enclins &#224; se montrer conciliants avec ce type de pratiques. Que les cha&#238;nes publiques pourtant soumises &#224; un budget de rigueur s&#233;v&#232;re y r&#233;sistent et ne se laissent pas dicter leur ligne &#233;ditoriale par les annonceurs est une bonne nouvelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&quot;Crime d'&#201;tat&quot;, un t&#233;l&#233;film choc sur l'affaire Boulin</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Affaire Boulin</dc:subject>

		<description>Parmi eux, le prince Jean de Broglie, pr&#233;sident de la commission des affaires &#233;trang&#232;res de l'Assembl&#233;e nationale entre 1968 et 1973, assassin&#233; dans la rue le 24 d&#233;cembre 1976, puis Robert Boulin, ministre du travail en exercice, retrouv&#233; noy&#233; le 30 octobre 1979 dans un &#233;tang de la for&#234;t de Rambouillet, et Joseph Fontanet, ancien ministre de l'&#233;ducation nationale, abattu d'une balle dans le dos le 2 f&#233;vrier 1980

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;AFFAIRE ROBERT BOULIN&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot84" rel="tag"&gt;Affaire Boulin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a un peu plus de trente ans, sous le septennat de Val&#233;ry Giscard d'Estaing, des hommes politiques &#233;taient assassin&#233;s en plein Paris. Parmi eux, le prince Jean de Broglie, pr&#233;sident de la commission des affaires &#233;trang&#232;res de l'Assembl&#233;e nationale entre 1968 et 1973, assassin&#233; dans la rue le 24 d&#233;cembre 1976, puis Robert Boulin, ministre du travail en exercice, retrouv&#233; noy&#233; le 30 octobre 1979 dans un &#233;tang de la for&#234;t de Rambouillet, et Joseph Fontanet, ancien ministre de l'&#233;ducation nationale, abattu d'une balle dans le dos le 2 f&#233;vrier 1980.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si pour Jean de Broglie et Joseph Fontanet, il s'agit bien d'assassinats, le myst&#232;re demeure autour de la mort de Robert Boulin, que la justice fran&#231;aise, d&#232;s le d&#233;but de l'enqu&#234;te, a pr&#233;sent&#233; comme un suicide. Selon les enqu&#234;teurs, celui-ci aurait &#233;t&#233; provoqu&#233; par une d&#233;pression de l'ancien ministre pris &#224; ses d&#233;pens dans une escroquerie sur la vente d'un terrain &#224; Ramatuelle (Var).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, tr&#232;s rapidement, la famille de Robert Boulin a &#233;cart&#233; la th&#232;se du suicide et, en trente ans, de nombreuses enqu&#234;tes journalistiques ont mis au jour les incoh&#233;rences du travail policier b&#226;cl&#233;, les disparitions des pi&#232;ces &#224; conviction, et montr&#233; les implications politiques de plusieurs membres importants du RPR, le parti gaulliste alors dirig&#233; par Jacques Chirac, dans cette affaire tr&#232;s obscure de l'&#232;re giscardienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;OFFICINES GAULLISTES&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A cette &#233;poque, Robert Boulin, gaulliste de la premi&#232;re heure et adversaire de M. Chirac, avait &#233;t&#233; pressenti pour devenir le premier ministre de M. Giscard d'Estaing, qui voulait ainsi briser les ambitions de M. Chirac pour la pr&#233;sidentielle de 1981. C'est alors que &quot;sortit&quot; dans la presse &quot;l'affaire de Ramatuelle&quot;, distill&#233;e par les officines gaullistes. Mena&#231;ant de r&#233;v&#233;ler quelques secrets sur le financement occulte du parti gaulliste, Robert Boulin s'est retrouv&#233; pris dans un pi&#232;ge infernal. &quot;J'ai &#233;t&#233; exemplaire, peut-&#234;tre encore plus que vous ne le pensez, parce qu'il y a des choses que je ne peux pas dire ici&quot;, d&#233;clarait-il au micro d'Europe 1 le 21 octobre 1979. Le 30 octobre, son cadavre avec le visage tum&#233;fi&#233; &#233;tait retrouv&#233; flottant dans cinquante centim&#232;tres d'eau...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si, gr&#226;ce &#224; la bataille acharn&#233;e de sa famille, plus personne ne croit &#224; la th&#232;se du suicide, aucune preuve n'a pu encore &#234;tre apport&#233;e concernant son assassinat. Dans son t&#233;l&#233;film, Crime d'Etat, produit par Jean-Pierre Gu&#233;rin, qui &#233;tait alors journaliste &#224; Antenne 2 en 1979 et a suivi cette affaire, le r&#233;alisateur Pierre Aknine a choisi d&#233;lib&#233;r&#233;ment la th&#232;se de l'assassinat. Ce parti pris est implacable. Il raconte comment et pourquoi Robert Boulin a &#233;t&#233; tu&#233; &#224; travers le r&#233;cit de Fran&#231;ois Berl&#233;and, qui interpr&#232;te l'ancien ministre de mani&#232;re magistrale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce t&#233;l&#233;film est suivi d'un d&#233;bat avec plusieurs protagonistes de l'affaire dans le cadre du magazine &quot;Ce soir (ou jamais !)&quot;, anim&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pierre Aknine - (France, 2012, 90 minutes). Avec Fran&#231;ois Berl&#233;and, Philippe Torreton, Florence Muller...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Diffusion le mardi 29 janvier &#224; 20h45 sur FRANCE 3.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Affaire Boulin : &#171; J'ai mis les deux noms dans un coffre &#187;</title>
		<link>http://leruisseau.iguane.org/spip.php?article1551</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>lulu</dc:creator>


		<dc:subject>Affaire Boulin</dc:subject>

		<description>Sanguinetti lui a livr&#233; deux noms comme &#233;tant ceux des assassins. L'ancien ministre les tient &#224; la disposition de la justice

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;AFFAIRE ROBERT BOULIN&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot84" rel="tag"&gt;Affaire Boulin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les noms du commanditaire et de l'ex&#233;cutant de l'assassinat de Robert Boulin, tels qu'Alexandre Sanguinetti me les avait gliss&#233;s en d&#233;cembre 1979, sont d&#233;pos&#233;s dans un coffre. S'il m'arrive quelque chose, on les retrouvera toujours. &#187; Jean Charbonnel, 83 ans, grande figure du gaullisme social, a mis longtemps avant d'&#171; ouvrir les yeux &#187; sur la mort de Robert Boulin. Malgr&#233; cette confidence. Il &#233;tait pourtant proche du d&#233;put&#233;-maire de Libourne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; La derni&#232;re fois que je l'ai crois&#233;, c'&#233;tait deux mois avant sa mort, sur un trottoir de la rue de Varenne. &quot;Comment vas-tu, Jean ? J'aurais &#224; te parler&quot;, m'avait-il dit. Apr&#232;s, j'ai compris qu'il voulait probablement &#233;voquer l'&#233;ventualit&#233; de sa nomination au poste de Premier ministre de &lt;strong&gt;Val&#233;ry Giscard d'Estaing&lt;/strong&gt;. Non seulement il &#233;tait brillant, mais c'&#233;tait le meilleur d&#233;batteur du groupe gaulliste. On cherchait &#224; le d&#233;stabiliser. Il a &#233;t&#233; tu&#233; soit parce qu'il &#233;tait sur le point d'entrer &#224; Matignon, soit parce qu'il avait les moyens de confondre ceux qui cherchaient &#224; le d&#233;stabiliser. Ou peut-&#234;tre &#224; cause de ces deux raisons &#224; la fois. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Charbonnel&lt;/strong&gt; reconna&#238;t avoir mis tr&#232;s longtemps &#224; accepter la version &lt;strong&gt;d'Alexandre Sanguinetti&lt;/strong&gt;, baron du gaullisme et fondateur du Service d'action civique (SAC), l'officine cr&#233;&#233;e vingt ans plus t&#244;t par les gaullistes pour lutter contre les attentats commis en France par l'OAS et les tenants de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise. &#171; Vous comprenez, j'avais vu la lettre sign&#233;e de &lt;strong&gt;Boulin&lt;/strong&gt; parvenue chez &lt;strong&gt;Chaban&lt;/strong&gt; lui annon&#231;ant son suicide &#187;, explique-t-il. C'est la lecture du livre de Beno&#238;t Collombat (&#171; Un homme &#224; abattre &#187;) qui a &#233;t&#233; d&#233;terminante. &#171; Depuis, j'attends que les magistrats, si scrupuleux de leur ind&#233;pendance et de leur dignit&#233;, fassent enfin leur travail. Je ne peux livrer les deux noms que m'avaient gliss&#233;s Sanguinetti en p&#226;ture, comme cela. Je ne peux les r&#233;v&#233;ler qu'&#224; un juge. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un s&#233;isme politique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alexandre Sanguinetti lui avait fait cette confidence deux mois apr&#232;s la mort de Boulin, au cours d'un repas &#224; Brive, dont Jean Charbonnel &#233;tait maire. &#171; Nous devions nous revoir pour en parler. Il est mort avant. &#187; Haut en couleur, Alexandre Sanguinetti avait parfois le verbe fort. Jean Charbonnel convient que la chose lui &#233;tait apparue tellement &#233;norme qu'il l'avait prise pour de l'outrance. &#171; Le nom du commanditaire, si c'est bien lui, est tr&#232;s connu. Celui de l'ex&#233;cutant ne me disait rien en 1979. Depuis, je me suis renseign&#233;. L'un comme l'autre sont encore en vie. Si la justice veut les interroger, il faut n&#233;anmoins qu'elle se presse. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Selon lui, si la confidence de Sanguinetti s'av&#233;rait exacte, cela provoquerait aujourd'hui encore un s&#233;isme politique. &#171; Si personne n'a rien voulu voir et entendre, c'est que les r&#233;percussions auraient &#233;t&#233; trop fortes, sans doute. &#187; Comment une telle chose a-t-elle pu se produire ? &#171; Nous vivions une p&#233;riode de transition. C'&#233;tait la fin du gaullisme gaullien. Mais les m&#339;urs &#233;taient encore violentes, &#224; droite comme &#224; gauche. Les r&#233;seaux issus de la guerre, de l'OAS, ceux du SAC &#233;taient encore actifs, sans v&#233;ritable chef &#224; la t&#234;te. Les barons du gaullisme, dont certains avaient l&#226;ch&#233; Chaban en 1974, avaient cr&#233;&#233; du vide. Les meurtres de Brooglie, Boulin et Fontanet ont eu ce vide pour toile de fond. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Affaire Boulin : &quot;Crime d'&#201;tat&quot;, un film coup-de-poing</title>
		<link>http://leruisseau.iguane.org/spip.php?article1550</link>
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		<dc:date>2013-01-26T13:35:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>lulu</dc:creator>


		<dc:subject>Charles Pasqua</dc:subject>
		<dc:subject>Affaire Boulin</dc:subject>
		<dc:subject>&#224; la une</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Chirac</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Foccart</dc:subject>
		<dc:subject>Val&#233;ry Giscard d'Estaing</dc:subject>
		<dc:subject>Achille Peretti</dc:subject>

		<description>Que voit-on ? Boulin (l'acteur Fran&#231;ois Berl&#233;and) tabass&#233; par les hommes de main du Service d'action civique (SAC) ; Boulin le corps flottant dans l'&#233;tang du Rompu ; Boulin pris dans une &#171; guerre des droites &#187;, selon Pierre Aknine, &#171; sacrifi&#233; par Jacques Chirac et l&#226;ch&#233; par Val&#233;rie Giscard-d'Estaing &#187; ; Boulin, gaulliste fid&#232;le, pr&#234;t &#224; d&#233;noncer le financement occulte de l'UNR (l'UMP de l'&#233;poque) abandonn&#233; par tous, &#171; un homme seul &#187;, honn&#234;te homme aux convictions fortes

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot84" rel="tag"&gt;Affaire Boulin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot104" rel="tag"&gt;&#224; la une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Jacques Chirac&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Jacques Foccart&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot218" rel="tag"&gt;Val&#233;ry Giscard d'Estaing&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot309" rel="tag"&gt;Achille Peretti&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pierre Aknine reconstitue les derni&#232;res heures de l'ancien ministre. Diffus&#233; mardi sur France 3, le film &#233;tait projet&#233; mercredi soir en avant-premi&#232;re &#224; Libourne.
Le film de Pierre Aknine, &#171; Crime d'&#201;tat &#187;, sur l'assassinat de Robert Boulin a sonn&#233; les 400 spectateurs invit&#233;s &#224; cette avant-premi&#232;re au cin&#233;ma Grand-&#201;cran.
Le film de Pierre Aknine, &#171; Crime d'&#201;tat &#187;, sur l'assassinat de Robert Boulin a sonn&#233; les 400 spectateurs invit&#233;s &#224; cette avant-premi&#232;re au cin&#233;ma Grand-&#201;cran. (photos st&#233;phane klein)
Partager&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant quelques secondes, le silence. Les 400 personnes invit&#233;es &#224; la projection en avant-premi&#232;re &#224; Libourne du film de Pierre Aknine, &#171; Crime d'&#201;tat &#187;, semblent sonn&#233;es. Puis quelques applaudissements rompent la sid&#233;ration du moment. L'&#233;motion sans doute, encore vive et sinc&#232;re malgr&#233; les ann&#233;es. L'embarras de certains chiraquiens peut-&#234;tre ? Ou de t&#233;moins de cette &#233;poque toujours persuad&#233;s du suicide du ministre ? C'est un film &#171; coup-de-poing &#187;, &#171; &#224; port&#233;e d'haleine &#187;, auquel s'est attel&#233; pendant deux ans le r&#233;alisateur de cette fiction sur l'assassinat de Robert Boulin le 29 octobre 1979.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car Pierre Aknine en est convaincu : le ministre du Travail, le d&#233;put&#233;-maire de Libourne a bien &#233;t&#233; assassin&#233;. Au seul poids des mots prononc&#233;s jusque-l&#224; depuis trente-cinq ans par tous les d&#233;fenseurs de cette th&#232;se, de Fabienne Boulin, sa fille, au journaliste Beno&#238;t Collombat dans son livre contre-enqu&#234;te (1), s'ajoute aujourd'hui le choc des images. Et cette question toujours lancinante que se posent encore les spectateurs : &#171; Comment on a pu en arriver l&#224; ? &#187;
&#171; Autopsier cette mort &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que voit-on ? Boulin (l'acteur Fran&#231;ois Berl&#233;and) tabass&#233; par les hommes de main du Service d'action civique (SAC) ; Boulin le corps flottant dans l'&#233;tang du Rompu ; Boulin pris dans une &#171; guerre des droites &#187;, selon Pierre Aknine, &#171; sacrifi&#233; par Jacques Chirac et l&#226;ch&#233; par Val&#233;rie Giscard-d'Estaing &#187; ; Boulin, gaulliste fid&#232;le, pr&#234;t &#224; d&#233;noncer le financement occulte de l'UNR (l'UMP de l'&#233;poque) abandonn&#233; par tous, &#171; un homme seul &#187;, honn&#234;te homme aux convictions fortes pour lequel la morale avait encore &#224; voir avec la politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Je voulais autopsier cette mort &#187;, insiste Pierre Aknine. Certes, le r&#233;alisateur ne laisse pas place au doute dans l'esprit du spectateur. Sa cam&#233;ra-scalpel taille dans le vif de son sujet : la veulerie, la l&#226;chet&#233;, l'ambition, la trahison, la trag&#233;die du pouvoir en ces ann&#233;es soixante-dix. Et l'abandon final.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un vrai polar, sauf que l&#224;, la fiction rejoint brutalement la r&#233;alit&#233;. Les personnages ont exist&#233;, vivent encore, appartiennent &#224; notre histoire contemporaine. Ne seraient-ce que Jacques Chirac, Charles Pasqua, le juge Van Ruymbeke, &#226;g&#233; alors de 27 ans. &#171; Ce film n'aurait pas &#233;t&#233; possible il y a vingt ans &#187;, jugent Pierre Aknine et son producteur Jean-Pierre Gu&#233;rin. Ce dernier, ancien journaliste, n'a jamais cru au suicide comme il l'a avou&#233; l'autre soir.
P&#233;tition en ligne et en mairie&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est contre cette falsification de la v&#233;rit&#233; que Fabienne Boulin se bat depuis trente-trois ans. Elle n'&#233;tait pas pr&#233;sente, mercredi soir au cin&#233;ma Grand-&#201;cran, retenue en famille au Cambodge. Sophie Bourgeois, la fille d'Ermine Virmouneix, responsable de l'antenne libournaise de l'association Robert Boulin pour la v&#233;rit&#233;, a lu son message.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans lequel elle souhaite que Libourne se mobilise. &#171; Le soutien de tous est pr&#233;cieux pour faire rouvrir l'instruction avant 2017. &#187; Une p&#233;tition circule sur le Net (2). L'enthousiasme des Libournais lorsqu'on &#233;voque Robert Boulin est comme le soufflet : &#171; Il retombe vite &#187;, regrettent Ermine Virmouneix et sa fille. &#171; J'esp&#232;re que ce film va faire bouger les choses. Car Fabienne Boulin est un peu d&#233;courag&#233;e. &#187; Les t&#233;moignages de sympathie n'ont pas manqu&#233; pourtant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais des questions restent en suspend. &#171; Robert-Boulin d&#233;tenait des documents chez lui ? O&#249; sont-ils pass&#233;s ? &#187;, s'interroge un spectateur. &#171; &#192; Libourne ? &#187; Des zones d'ombre &#224; &#233;clairer. Mais contrairement &#224; ce que Mich&#232;le Alliot-Marie, alors ministre de l'Int&#233;rieur, affirmait lors d'une de ses visites &#224; Libourne en juin 2010 : le dossier n'est pas encore clos.
&lt;i&gt;
(1) Beno&#238;t Collombat, &#171; Un homme &#224; abattre : contre-enqu&#234;te sur la mort de Robert Boulin &#187;, Paris, &#233;ditions Fayard 2007. (2) La p&#233;tition est en ligne sur le site &lt;a href=&quot;http://www.robertboulin.net/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.robertboulin.net&lt;/a&gt; ainsi qu'&#224; la mairie de Libourne. Lire &#233;galement l'interview de Bernard Fonfr&#232;de, ancien assistant parlementaire de G&#233;rard C&#233;sar (alors suppl&#233;ant de Robert Boulin) sur &lt;a href=&quot;http://www.sudouest.fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.sudouest.fr&lt;/a&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La faillite de l'&#233;valuation des pesticides sur les abeilles</title>
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		<dc:creator>lulu</dc:creator>


		<dc:subject>pesticides</dc:subject>

		<description>Le coupable est-il plut&#244;t l'incomp&#233;tence ou l'accumulation de conflits d'int&#233;r&#234;ts ? Impossible de trancher. Mais la question est d&#233;sormais pos&#233;e : comment des tests d'&#233;valuation des risques pour l'abeille, notoirement d&#233;ficients, ont-ils pu &#234;tre utilis&#233;s pendant pr&#232;s de vingt ans pour homologuer les derni&#232;res g&#233;n&#233;rations d'insecticides ? Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; autoris&#233;s depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990, tous (Gaucho, R&#233;gent...) ont &#233;t&#233; au centre d'intenses pol&#233;miques avant d'&#234;tre retir&#233;s, au moins partiellement, du march&#233;... Le dernier en date, le Cruiser, vient d'&#234;tre interdit par la France sur le colza, une d&#233;cision attaqu&#233;e par son fabricant, Syngenta.

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;&#233;cologie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?mot200" rel="tag"&gt;pesticides&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Les tests d'&#233;valuation de la nocivit&#233; des pesticides ont &#233;t&#233; utilis&#233;s pendant plus de vingt ans, malgr&#233; leurs d&#233;ficiences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le coupable est-il plut&#244;t l'incomp&#233;tence ou l'accumulation de conflits d'int&#233;r&#234;ts ? Impossible de trancher. Mais la question est d&#233;sormais pos&#233;e : comment des tests d'&#233;valuation des risques pour l'abeille, notoirement d&#233;ficients, ont-ils pu &#234;tre utilis&#233;s pendant pr&#232;s de vingt ans pour homologuer les derni&#232;res g&#233;n&#233;rations d'insecticides ? Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; autoris&#233;s depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990, tous (Gaucho, R&#233;gent...) ont &#233;t&#233; au centre d'intenses pol&#233;miques avant d'&#234;tre retir&#233;s, au moins partiellement, du march&#233;... Le dernier en date, le Cruiser, vient d'&#234;tre interdit par la France sur le colza, une d&#233;cision attaqu&#233;e par son fabricant, Syngenta.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette d&#233;faillance est d'autant plus troublante que certains de ces tests d'&#233;valuation ont &#233;t&#233; remis &#224; jour en 2010, c'est-&#224;-dire tout r&#233;cemment. Leur mise en cause ne vient pas d'un rapport de Greenpeace ou des Amis de la Terre, mais d'un avis de l'Autorit&#233; europ&#233;enne de s&#233;curit&#233; des aliments (EFSA). Jamais, sans doute, celle-ci n'aura endoss&#233; un document aussi embarrassant. Paru fin mai, ce texte technique de 275 pages est d'ailleurs pass&#233; &#224; peu pr&#232;s totalement inaper&#231;u...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;DES &quot;FAIBLESSES MAJEURES&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi un tel rapport ? Saisie par la Commission europ&#233;enne, l'EFSA a mandat&#233; un groupe d'une quinzaine de scientifiques (en partie ext&#233;rieurs &#224; l'agence) pour expertiser les proc&#233;dures standard, par lesquelles sont &#233;valu&#233;s les risques des pesticides sur les abeilles. Conclusion : ces protocoles ont &#233;t&#233; con&#231;us pour &#233;valuer les effets ind&#233;sirables des pesticides pulv&#233;ris&#233;s et sont inadapt&#233;s aux insecticides dits &quot;syst&#233;miques&quot; &#8211; utilis&#233;s en enrobage de semences ou en traitement des sols &#8211;, qui impr&#232;gnent l'ensemble de la plante au cours de son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, explique le rapport, &quot;les expositions prolong&#233;es et intermittentes ne sont pas &#233;valu&#233;es en laboratoire&quot;, pas plus que &quot;l'exposition par inhalation et l'exposition des larves&quot;. Les calculs d'exposition des insectes sont syst&#233;matiquement biais&#233;s : ils ne tiennent pas compte de l'eau exsud&#233;e par les plantes trait&#233;es, avec laquelle les insectes sont en contact. Ils ne consid&#232;rent pas non plus les poussi&#232;res produites par les semences enrob&#233;es au cours de la p&#233;riode des semis...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;De m&#234;me, ajoute le rapport, les effets des doses subl&#233;tales ne sont pas pleinement pris en compte par les tests standard conventionnels.&quot; Ces faibles doses ne tuent pas directement les abeilles, mais peuvent par exemple alt&#233;rer leur capacit&#233; &#224; retrouver le chemin de leur ruche, comme l'a r&#233;cemment montr&#233; une &#233;tude conduite par Micka&#235;l Henry (INRA) et publi&#233;e le 30 mars dans la revue Science.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les tests standard r&#233;alis&#233;s en champ sont eux aussi critiqu&#233;s. Colonies trop petites, dur&#233;e d'exposition trop courte... Des effets d&#233;l&#233;t&#232;res, m&#234;mes d&#233;tect&#233;s, s'av&#232;rent souvent non significatifs en raison du trop faible nombre d'abeilles utilis&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas tout. Des &quot;faiblesses majeures&quot; sont point&#233;es par les rapporteurs, comme la taille des champs trait&#233;s aux insecticides test&#233;s. Les ruches enr&#244;l&#233;es sont en effet plac&#233;es devant une surface test de 2 500 m2 &#224; un hectare en fonction de la plante. Or, explique le rapport, ces superficies ne repr&#233;sentent que 0,01 % &#224; 0,05 % de la surface visit&#233;e par une butineuse autour de sa ruche... D&#232;s lors, l'exposition au produit est potentiellement plusieurs milliers de fois inf&#233;rieure &#224; la r&#233;alit&#233;, notamment dans le cas o&#249; les abeilles seraient situ&#233;es dans des zones de monoculture intensive recourant &#224; ce m&#234;me produit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En outre, poursuit le rapport, les abeilles devraient &#234;tre test&#233;es pour d&#233;terminer si de faibles doses du produit ont d&#233;clench&#233; des maladies dues &#224; des virus ou des parasites... De r&#233;cents travaux, conduits par Cyril Vidau (INRA) et publi&#233;s en juin 2011 dans la revue PLoS One, ont en effet montr&#233; des synergies entre le fipronil (R&#233;gent), le thiaclopride (un n&#233;o-nicotino&#239;de) et la nos&#233;mose, une maladie commune de l'abeille...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces manquements sont, selon l'expression d'un apidologue fran&#231;ais qui a requis l'anonymat, chercheur dans un organisme public, &quot;un secret de polichinelle&quot;. De longue date en effet, le renforcement de ces &quot;lignes directrices&quot; et autres protocoles standardis&#233;s est demand&#233; par des apiculteurs et les associations de d&#233;fense de l'environnement. En vain. Et ce, malgr&#233; un nombre toujours plus grand d'&#233;tudes publi&#233;es dans les revues scientifiques depuis le milieu des ann&#233;es 2000, qui mettent en &#233;vidence leurs lacunes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;DE &quot;G&#201;N&#201;REUX SPONSORS&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi une telle inertie ? Comment, et par qui, sont &#233;labor&#233;s ces protocoles de test suspect&#233;s de grave myopie ? &quot;En 2006, nous nous sommes pos&#233;s, un peu tardivement il est vrai, la question de savoir comment &#233;taient homologu&#233;es au niveau europ&#233;en les substances que nous suspectons d'&#234;tre la cause principale du d&#233;clin des abeilles, raconte Janine Kievits, une apicultrice belge, membre de la Coordination apicole europ&#233;enne. En lisant les annexes de la directive europ&#233;enne sur les phytosanitaires, nous avons remarqu&#233; que les lignes directrices de ces tests &#233;taient notamment &#233;dict&#233;es par l'Organisation europ&#233;enne et m&#233;diterran&#233;enne pour la protection des plantes [EPPO].&quot; D'autres lignes directrices sont &#233;dict&#233;es par l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) et sont compl&#233;mentaires de celles de l'EPPO.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Celle-ci est une organisation intergouvernementale d'une cinquantaine d'Etats membres, bas&#233;e &#224; Paris. &quot;La question des abeilles est une toute petite part de notre activit&#233;&quot;, d&#233;clare Ringolds Arnitis, son directeur g&#233;n&#233;ral. N'ayant pas d'expertise en interne, l'EPPO d&#233;l&#232;gue &#224; une autre structure &#8211; l'International Commission on Plant-Bee Relationships (ICPBR) &#8211; le soin d'&#233;laborer les &#233;l&#233;ments de base de ces fameux tests standardis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ICPBR, quant &#224; elle, est une structure quasi informelle cr&#233;&#233;e en 1950 et domicili&#233;e &#224; l'universit&#233; de Guelph (Canada). &quot;Lorsque nous avons appris que cette organisation se r&#233;unissait pour r&#233;former les fameux tests standardis&#233;s, nous nous sommes rendus &#224; la conf&#233;rence, raconte Mme Kievits. C'&#233;tait &#224; Bucarest, en octobre 2008.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La petite d&#233;l&#233;gation de trois apiculteurs assiste donc &#224; la r&#233;union. Premi&#232;re surprise, raconte Janine Kievits, &quot;les discussions commencent par une allocution pour remercier les g&#233;n&#233;reux sponsors : BASF, Bayer CropScience, Syngenta et DuPont&quot;. Contact&#233; par Le Monde, le groupe de travail de l'ICPBR sur la protection de l'abeille confirme le soutien financier des principaux fabricants de pesticides. Mais ajoute que la source principale de financement &#233;tait les frais de participation &#224; la conf&#233;rence. Et que &quot;sans ces financements ext&#233;rieurs, le montant des frais de participation aurait &#233;t&#233; plus &#233;lev&#233;&quot;, emp&#234;chant ainsi &quot;une participation maximale de d&#233;l&#233;gu&#233;s non issus de l'industrie&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;C'&#201;TAIT &#192; TOMBER MORT !&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les trois apiculteurs assistent tout de m&#234;me au compte rendu des groupes de travail sur la mise &#224; jour des tests standardis&#233;s. &quot;Nous &#233;tions dans une ambiance tr&#232;s cordiale, avec des gens tr&#232;s avenants qui proposaient des choses radicalement inacceptables, estime Mme Kievits. Pour ne donner qu'un exemple, l'un des calculs de risque pr&#233;sent&#233; revenait &#224; d&#233;finir un produit comme '&#224; bas risque' d&#232;s lors que l'abeille n'est pas expos&#233;e &#224; la &quot;dose l&#233;tale 50&quot; chronique [qui tue 50 % d'une population expos&#233;e sur une longue p&#233;riode]. Donc le produit est '&#224; bas risque' s'il ne tue que 49 % des abeilles ! Pour nous, c'&#233;tait simplement incroyable. C'&#233;tait &#224; tomber mort !&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur plusieurs points comparables, les apiculteurs demandent la possibilit&#233; d'envoyer des commentaires, dans l'espoir de faire changer les recommandations finales du groupe de travail. &quot;Nous avons adress&#233; nos commentaires dans les quinze jours, mais pas un n'a &#233;t&#233; retenu&quot;, explique Mme Kievits. Ces m&#234;mes critiques ont &#233;t&#233; adress&#233;es, en copie, aux agences ad hoc des Etats membres de l'EPPO. Aucune n'a r&#233;pondu, &#224; l'exception de l'Agence su&#233;doise des produits chimiques (KEMI). Dans un courrier dont Le Monde a obtenu copie, deux &#233;cotoxicologues de l'agence scandinave disent adh&#233;rer &quot;pleinement &quot; aux commentaires pourtant acerbes des apiculteurs...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi l'ICPBR n'a-t-il pas retenu les demandes des apiculteurs ? &quot;Les recommandations finales du groupe sont bas&#233;es sur une approche de consensus, avec l'obtention d'un accord en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re&quot;, explique-t-on &#224; l'ICPBR. Cette approche consensuelle place de facto les recommandations issues de l'organisation entre les mains de l'industrie. Car l'ICPBR est ouverte &#224; toute participation et les firmes agrochimiques y sont tr&#232;s repr&#233;sent&#233;es. En 2008, sur les neuf membres du groupe sur la protection de l'abeille, trois &#233;taient salari&#233;s de l'industrie agrochimique, une &#233;tait ancienne salari&#233;e de BASF et une autre future salari&#233;e de Dow Agrosciences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CONFLITS D'INT&#201;R&#202;TS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cours de sa derni&#232;re conf&#233;rence, fin 2011 &#224; Wageningen (Pays-Bas), sept nouveaux groupes de travail ont &#233;t&#233; constitu&#233;s sur la question des effets des pesticides sur les abeilles, tous domin&#233;s par des chercheurs en situation de conflits d'int&#233;r&#234;ts. La participation d'experts employ&#233;s par des firmes agrochimiques ou les laboratoires priv&#233;s sous contrat avec elles, y oscille entre 50 % et 75 %. Les autres membres sont des experts d'agences de s&#233;curit&#233; sanitaires nationales ou, plus rarement, des scientifiques issus de la recherche publique. Les fabricants de pesticides jouent donc un r&#244;le d&#233;terminant dans la conception des tests qui serviront &#224; &#233;valuer les risques de leurs propres produits sur les abeilles et les pollinisateurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2009, quelques mois apr&#232;s la conf&#233;rence de Bucarest, les recommandations finales de l'ICPBR sont remises &#224; l'EPPO. Mais avant d'&#234;tre adopt&#233;es comme standards officiels, elles sont soumises &#224; l'examen d'experts mandat&#233;s par chaque Etat membre de l'EPPO. Ces experts sont-ils en situation de conflit d'int&#233;r&#234;ts ? Sont-ils comp&#233;tents ? Impossible de le savoir. &quot;La liste de ces experts n'est pas secr&#232;te : elle est accessible aux gouvernements de nos Etats membres qui le souhaitent, mais elle n'est pas rendue publique&quot;, pr&#233;cise Ringolds Arnitis. En 2010, les nouvelles lignes directrices sont adopt&#233;es par les Etats membres de l'organisation et publi&#233;es dans EPPO Bulletin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le jugement des experts mandat&#233;s par les Etats membres de l'EPPO pose quelques questions. Dans le cas de la Su&#232;de, l'expert repr&#233;sentant ce pays, issu du minist&#232;re de l'agriculture, a approuv&#233; les nouveaux standards alors que deux de ses pairs de l'Agence su&#233;doise des produits chimiques venaient, par lettre, d'apporter leur soutien aux commentaires critiques de la Coordination apicole europ&#233;enne. Le jugement des experts varie donc largement selon leur employeur...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et la France ? L'approbation des nouveaux standards de 2010 s'est faite sous la supervision d'une &#233;cotoxicologue de la Direction g&#233;n&#233;rale de l'alimentation (minist&#232;re de l'agriculture) &#8211; qui repr&#233;sente la France &#224; l'EPPO. Or, cette scientifique participait aux travaux de l'ICPBR et n'est autre que la principale auteure des recommandations soumises... Elle a donc expertis&#233; et approuv&#233; son propre travail. Ancienne employ&#233;e de Syngenta (ex-Novartis), elle est ensuite pass&#233;e par diff&#233;rents organismes publics (INRA, Afssa, minist&#232;re de l'agriculture). Elle est, aujourd'hui, employ&#233;e par l'agrochimiste Dow Agrosciences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;St&#233;phane Foucart&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Perdre son temps : la nouvelle fracture num&#233;rique</title>
		<link>http://leruisseau.iguane.org/spip.php?article1548</link>
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		<dc:date>2012-12-09T15:23:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>lulu</dc:creator>



		<description>Dans les ann&#233;es 90, le terme de &#8220;fracture num&#233;rique&#8221; est apparu pour d&#233;crire la s&#233;paration entre ceux qui poss&#233;daient la technologie, et ceux qui ne la poss&#233;daient pas. Il a &#233;t&#233; &#224; l'origine de nombreux effort pour mettre dans les mains des Am&#233;ricains, en particulier des familles les plus d&#233;favoris&#233;es, les outils num&#233;riques dernier cri. Ces efforts ont permis de r&#233;duire la fracture, c'est un fait. Mais ils ont eu une cons&#233;quence inattendue. D'apr&#232;s les &#233;tudes men&#233;es, une fois l'acc&#232;s aux technologies d&#233;mocratis&#233;, les enfants des familles les plus pauvres passent consid&#233;rablement plus de temps que les enfants de familles ais&#233;es &#224; regarder la t&#233;l&#233;vision ou utiliser leurs gadgets pour regarder des &#233;missions et des vid&#233;os, pour jouer ou se connecter &#224; des r&#233;seaux sociaux. Ce nouveau foss&#233;, celui du &#8220;temps gaspill&#233;&#8221; d&#233;pend plus, de l'aptitude des parents &#224; surveiller et limiter l'usage des technologies par leurs enfants, que de l'acc&#232;s &#224; ces m&#234;mes technologies.

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;1. EN LUTTE&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lecture de la semaine est un article paru mardi dans le New York Times sous la plume de Matt Richtel (@mrichtel), et il est intitul&#233; &#8220;Perdre son temps : la nouvelle fracture num&#233;rique&#8221;. Un bon sujet de r&#233;flexion pour ceux qui ont l'acc&#232;s &#224; l'internet comme seule politique num&#233;rique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8220;Dans les ann&#233;es 90, commence l'article, le terme de &#8220;fracture num&#233;rique&#8221; est apparu pour d&#233;crire la s&#233;paration entre ceux qui poss&#233;daient la technologie, et ceux qui ne la poss&#233;daient pas. Il a &#233;t&#233; &#224; l'origine de nombreux effort pour mettre dans les mains des Am&#233;ricains, en particulier des familles les plus d&#233;favoris&#233;es, les outils num&#233;riques dernier cri. Ces efforts ont permis de r&#233;duire la fracture, c'est un fait. Mais ils ont eu une cons&#233;quence inattendue, qui a surpris et troubl&#233; aussi bien les chercheurs que les politiques et le gouvernement. D'apr&#232;s les &#233;tudes men&#233;es, une fois l'acc&#232;s aux technologies d&#233;mocratis&#233;, les enfants des familles les plus pauvres passent consid&#233;rablement plus de temps que les enfants de familles ais&#233;es &#224; regarder la t&#233;l&#233;vision ou utiliser leurs gadgets pour regarder des &#233;missions et des vid&#233;os, pour jouer ou se connecter &#224; des r&#233;seaux sociaux. Ce nouveau foss&#233;, celui du &#8220;temps gaspill&#233;&#8221; d&#233;pend plus, selon les chercheurs, de l'aptitude des parents &#224; surveiller et limiter l'usage des technologies par leurs enfants, que de l'acc&#232;s &#224; ces m&#234;mes technologies.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8220;Cette nouvelle fracture pr&#233;occupe &#224; ce point les autorit&#233;s que la Federal Communications Commission r&#233;fl&#233;chit &#224; d&#233;penser 200 millions de dollars pour cr&#233;er un corps de formateurs d&#233;di&#233; &#224; l'alphab&#233;tisation num&#233;rique. Ce groupe compos&#233; de milliers de personnes parcourrait les &#233;coles et les universit&#233;s pour enseigner l'usage intelligent des ordinateurs aux parents, aux &#233;l&#232;ves et aux chercheurs d'emploi. Il s'appuierait aussi sur des r&#233;seaux de formation d&#233;j&#224; existants et des initiatives d&#233;j&#224; en place de formation au num&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La FCC et les autres d&#233;cideurs disent vouloir toujours mettre l'informatique dans la main de tous les Am&#233;ricains, car le foss&#233; reste important. Selon elle, pr&#232;s de 65 % des Am&#233;ricains ont un acc&#232;s &#224; internet chez eux, mais on tombe &#224; 40 % pour les foyers aux revenus les plus bas. 50 % des Hispaniques et 40 % des Afro-am&#233;ricains n'ont pas d'acc&#232;s &#224; l'internet. Il ne s'agit donc pas de limiter l'acc&#232;s. Mais, selon la c&#233;l&#232;bre ethnographe am&#233;ricaine danah boyd, &#8220;l'acc&#232;s n'est pas la panac&#233;e. Non seulement &#231;a ne r&#233;sout pas le probl&#232;me, mais cela refl&#232;te et magnifie les probl&#232;mes existants&#8221;. Comme beaucoup de chercheurs, danah boyd pense que l'effort initial de r&#233;duction de la fracture num&#233;rique n'avait pas anticip&#233; que les ordinateurs seraient utilis&#233;s &#224; ce point &#224; des fins de divertissement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une &#233;tude (.pdf) publi&#233;e en 2010 par la Kaiser Family Foundation a montr&#233; que les enfants et adolescents dont les parents n'avaient pas l'&#233;quivalent du bac passaient 90 minutes de plus par jour &#224; utiliser les m&#233;dias que les enfants de familles plus favoris&#233;es socio&#233;conomiquement. En 1999, la diff&#233;rence n'&#233;tait que de 16 minutes. &#8220;Malgr&#233; l'utilisation &#233;ducative potentielle des ordinateurs, la r&#233;alit&#233; est que leur usage &#233;ducatif ou pour la cr&#233;ation de contenu ayant du sens est minuscule compar&#233; &#224; leur usage pour le divertissement pur&#8221;, explique Vicky Rideout, qui a men&#233; l'&#233;tude pour la Fondation Kaiser, &#8220;au lieu de r&#233;duire la fracture, ils augmentent le foss&#233; du temps gaspill&#233;&#8221;. M&#234;me si les enfants de familles &#233;duqu&#233;es jouent aussi beaucoup, le d&#233;fi est donc accru pour les parents et enfants de familles d&#233;favoris&#233;s, ceux qui &#233;taient cens&#233;s profiter de la r&#233;duction de la fracture num&#233;rique. L'article montre ensuite que les cons&#233;quences peuvent parfois &#234;tre d&#233;sastreuses, notamment pour la scolarit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le constat n'est pas nouveau, me rappelait gentiment Bernard Benhamou, le d&#233;l&#233;gu&#233; aux usages, qui pr&#233;cisait que Manuel Castels avait d&#233;j&#224; dit cela en 1999. Oui, mais ce que notent les chercheurs, c'est l'accroissement de l'&#233;cart, en temps et usage, un accroissement d&#251;, et c'est un paradoxe &#224; des politiques bienveillantes de d&#233;mocratisation de l'acc&#232;s. L'exemple am&#233;ricain pourrait inspirer une politique num&#233;rique en montrant qu'elle doit tenir sur deux jambes : acc&#232;s d'un c&#244;t&#233;, &#233;ducations aux usages de l'autre&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'effet (massif) des prix de l'immobilier</title>
		<link>http://leruisseau.iguane.org/spip.php?article1547</link>
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		<description>La mod&#233;ration salariale allemande a en fait &#233;t&#233;, en bonne partie, un r&#233;sultat inattendu du vieillissement acc&#233;l&#233;r&#233; de la population de notre voisin. Entre 2000 et 2012, la France a gagn&#233; 4,9 millions d'habitants quand l'Allemagne en a perdu 370.000. Ce qui a notamment entra&#238;n&#233; une stabilit&#233; des prix de l'immobilier (et donc du co&#251;t du logement) que n'a connue aucun autre pays europ&#233;en durant cette p&#233;riode. Alors qu'en France les prix de l'immobilier ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par 2,5 entre 1996 et 2010, quasiment autant qu'en Espagne, ils n'ont pas boug&#233; d'un iota en Allemagne.

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&lt;a href="http://leruisseau.iguane.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;social / d&#233;r&#232;glementation&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://leruisseau.iguane.org/IMG/arton1547.png&quot; width='148' height='150' style='height:150px;width:148px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Niveau de prix du poste logement dans la consommation des m&#233;nages, base 100 = zone euro&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La mod&#233;ration salariale allemande a en fait &#233;t&#233;, en bonne partie, un r&#233;sultat inattendu du vieillissement acc&#233;l&#233;r&#233; de la population de notre voisin. Entre 2000 et 2012, la France a gagn&#233; 4,9 millions d'habitants quand l'Allemagne en a perdu 370.000. Ce qui a notamment entra&#238;n&#233; une stabilit&#233; des prix de l'immobilier (et donc du co&#251;t du logement) que n'a connue aucun autre pays europ&#233;en durant cette p&#233;riode. Alors qu'en France les prix de l'immobilier ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par 2,5 entre 1996 et 2010, quasiment autant qu'en Espagne, ils n'ont pas boug&#233; d'un iota en Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;sultat : en moyenne, un logement co&#251;tait 3.800 euros du m&#232;tre carr&#233; en France en 2011, contre 1.300 euros en Allemagne, un rapport de 1 &#224; 3 !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1999, les prix du poste logement &#233;taient, selon Eurostat, sup&#233;rieurs en Allemagne de 18,3 % &#224; la moyenne de la zone euro (+ 10,6 % en France). En 2011, ils &#233;taient devenus outre-Rhin inf&#233;rieurs &#224; cette moyenne (contre + 12,5 % en France). L'&#233;cart ph&#233;nom&#233;nal qui s'est ainsi creus&#233; en une d&#233;cennie entre l'Allemagne et le reste de la zone euro sur le plan du co&#251;t du logement pour les m&#233;nages a permis de faire passer la pilule de la mod&#233;ration salariale prolong&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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