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La juge d’instruction Marie-Paule Moracchini jugée mercredi par ses pairs
La juge d’instruction parisienne, Marie-Paule Moracchini, au coeur de multiples polémiques depuis plusieurs années, comparaît mercredi devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), pour y répondre notamment de la disparition de pièces dans l’affaire de la Scientologie.
De nombreuses pages d’un dossier ouvert en 1989 pour "escroquerie, exercice illégal de la médecine et complicité" contre des membres de l’Eglise de Scientologie, et confié en 1993 à Marie-Paule Moracchini, ont disparu dans des circonstances non éclaircies. Une information judiciaire a été ouverte en juillet 2000. Et la magistrate, âgée de 51 ans, a fait l’objet d’une procédure disciplinaire du CSM à l’initiative du garde des Sceaux d’alors, Elisabeth Guigou, qui estimait que la juge avait "fait preuve de manque de rigueur et porté atteinte à la crédibilité de sa fonction". La Chancellerie, qui représentera toujours l’accusation mercredi, reproche aussi à la juge d’instruction de n’avoir pas instruit un dossier qui lui avait été confié en 1986 concernant deux anciens policiers poursuivis dans une affaire de malversation financière.
Acharnement
L’audience devrait durer toute la journée. Marie-Paule Moracchini a fait citer une quinzaine de témoins de moralité, dont sa soeur Solange, substitut à Créteil (Val-de-Marne), et les avocats Mes Jacques Vergès, Georges Kiejman et Francis Szpiner, tous censés venir témoigner des qualités professionnelles de la magistrate. "L’acte de saisine ne conteste pas que Mme Moracchini a toujours été présentée comme une excellente professionnelle, mais lui reproche un dysfonctionnement dans les deux dossiers", a d’ailleurs précisé à l’AFP un magistrat proche du dossier.
Mais les débats pourraient déborder le seul dossier, tant la personnalité de la juge divise la magistrature parisienne, les uns dénonçant ses méthodes quand les autres parlent d’acharnement à son encontre. "On transforme en lapidation ce qui ne devrait être qu’une réprimande", estimait notamment Etienne Apaire, vice-président de l’Association des magistrats instructeurs (AFMI), au moment de la saisine du CSM par Elisabeth Guigou. Mais certains collègues ont la dent dure à l’égard de la magistrate, et s’interrogent par exemple sur son "acharnement" contre l’ancien substitut de Toulon, Albert Lévy, qu’elle a mis en examen pour violation du secret professionnel. Ou sur l’enquête qu’elle a mené sur la mort du magistrat français Bernard Borrel, à Djibouti, en 1995 et dont elle a été dessaisie après que les avocats de la veuve de M. Borrel eurent dénoncé de "graves dysfonctionnements" dans l’instruction