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Executive life : critiques à gauche et à l’UDF contre le gouvernement
La manière dont les autorités françaises tentent de régler le dossier Executive life, au centre d’un imbroglio franco-américain qui risque de coûter cher aux contribuables, commence à susciter des critiques dans la classe politique, que l’Elysée s’est rapidement efforcé de contrer.
Dans les rangs de l’UDF, certains estiment que le gouvernement a laissé passer sa chance d’obtenir un accord au moindre coût, tandis qu’à gauche les critiques portées par le PS et les Verts visent le président Jacques Chirac personnellement.
Le spectre d’un procès devant un tribunal pénal californien se dessine après le refus des autorités françaises de signer un accord amiable dans le volet pénal de cette affaire. La France fait valoir que cet accord n’était pas définitif et ne concernait pas l’ensemble des parties en cause -l’ex-PDG du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade et l’homme d’affaires François Pinault en étant exclus-.
Le Crédit Lyonnais est accusé d’avoir organisé au début des années 1990, alors qu’elle était une banque publique, le rachat de l’assureur californien en faillite Executive Life de façon illégale. Par la suite, Artémis, holding de M. Pinault, a racheté la compagnie.
Le député UDF Charles-Amédée de Courson a déploré vendredi qu’un accord, même partiel, n’ait pas été signé car c’était "de loin pour le contribuable français la meilleure solution".
"Au pénal nous serons condamnés (...) bien plus durement", a estimé M. de Courson, qui redoute que le contribuable ait "à l’arrivée, 3 milliards de dollars à payer". Selon le député, le ministère des Finances "avait une position proche" de la sienne "mais il y a eu une décision contraire".
L’UMP, en revanche, se tient au côté du gouvernement. François d’Aubert, ex-rapporteur de la commission d’enquête sur le Crédit Lyonnais, a dénoncé cette semaine "la formidable mauvaise foi" des Américains et leur "tentative d’extorsion de fonds".
A gauche, le Parti socialiste est sorti de son silence pour réclamer vendredi que le président Jacques Chirac "s’explique" sur son intervention dans l’affaire Executive life, "s’il a cru nécessaire" de le faire.
"Oui ou non, est-il vrai que Jacques Chirac est intervenu personnellement dans ce dossier pour donner des consignes à son ministre de l’Economie et des Finances (Francis Mer) et, si oui, pour quels objectifs, quel intérêt ?", a demandé le secrétaire national Eric Besson.
Le responsable socialiste a souligné que "plus le temps passe, plus l’addition augmente : nous en sommes déjà à un peu plus de dix euros par Français, ça n’est pas rien".
L’entourage de Jacques Chirac a répondu dans la soirée que les pouvoirs publics défendaient seulement "les intérêts financiers de l’Etat et des contribuables français".
"La position des pouvoirs publics français a été et restera constante : défendre les intérêts financiers de l’Etat et des contribuables français, rien que les intérêts financiers de l’Etat et des contribuables français", a-t-on déclaré de source proche du président.
Pour sa part, le député PS Arnaud Montebourg, à l’origine dans le passé d’une tentative de faire comparaître M. Chirac en Haute Cour de Justice, a jugé que "la décision prise par Jacques Chirac en raison de son amitié très particulière avec François Pinault (était) contraire à l’intérêt général, irresponsable, à caractère monarchiste".
Les Verts sont tout aussi soupçonneux. "Cette affaire va devenir l’affaire Chirac-Pinault, comme, toutes proportions gardées, l’affaire Triangle est devenue l’affaire Mitterrand-Pelat", a déclaré le leader des Verts Alain Riou à la mairie de Paris. Proche de l’ex-président, Patrice Pelat avait été mis en examen pour délit d’initié.
© AFP.