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Le Figaro, 10 janvier 2005

Thibault tire à boulets rouges sur la CFDT

Dans Ma Voix ouvrière, un livre à paraître mercredi aux éditions Stock, Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, s’en prend vigoureusement à la CFDT concurrente. Sur le dossier des retraites, il accuse François Chérèque de « volte-face » et lui reproche d’avoir voulu « couper les jambes au mouvement par un accord avec une partie des syndicats ». Il y a de la part de ce dernier des « attitudes » qu’il ne peut « pas comprendre » ni « pardonner ». En ce 16 mai 2003 où le front syndical a éclaté après l’échec d’une nuit de négociations, Thibault reproche au leader de la CFDT d’avoir cédé à une « vraie trouille » face à un mouvement qui lui échappait. « Si je m’étais comporté de cette manière-là, la durée de mon mandat se serait limitée à peu près à 24 heures, le temps de faire mes cartons ! », affirme Thibault, ajoutant : « Ça n’aurait été que justice ! »

Le leader cégétiste n’est « pas très optimiste » pour l’avenir quant aux relations avec la CFDT. Thibault décrit le paysage syndical français comme enkysté dans des divisions, synonymes d’impuissance. La France n’est pas seule en Europe à avoir plusieurs confédérations, mais il observe qu’« on est les seuls à en avoir autant, avec si peu de syndiqués ». « On est bien forcé de reconnaître que le mouvement syndical français n’a pas la capacité d’enrayer le processus de dégradation de la situation faite aux salariés » : le « constat, admet-il, est incontournable ».

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  • > Thibault tire à boulets rouges sur la CFDT
    26 janvier 2005, par NO TINA
    Pas bête ce B.T. ! Difficile malheureusement de ne pas être d’accord avec ces propos qui ont le mérite de la franchise !
    Avec un taux de 8% de syndiqués, la France est l’un des pays les moins syndiqués de l’OCDE et avec, en outre, l’absence d’une alternative antilibérale cohérente, unifiée et porteuse d’un projet politique clair et crédible,les libéraux n’ont pas à s’inquiéter : ils ont encore de beaux jours devant eux ! Les quelques poussées de fièvre, dont notre pays concervateur à 60% a coutume, peuvent donner l’illusion qu’enfin, ça va bouger ! Les forces dites progressistes ont encore beaucoup de travail de réflexion théorique,historique,y compris sur elles-mêmes, à faire, pour comprendre la nécessité d’unir leurs énergies durablement pour un projet de société alternatif, au-delà des quelques actions unitaires éphémères et défensives. Il n’y a pas de pouvoir magique de l’Action sur les consciences,même si celle-ci peut avoir une efficacité réelle et ponctuelle.Il est assez incroyable de constater que les clivages idéologiques existant à gauche depuis les années 20, n’ont guère évolué, malgré les bouleversements historiques inouïs survenus depuis : misère de la réflexion politique ? Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Marx, Keynes n’ont pas eu de relève. Que font nos chercheurs en philosophie politique ? En économie ? Seulement servir le Capital ? Non, pas tous, loin s’en faut..Mais alors, que se passe-t-il ? Où est la matière intellectuelle qui nourrit l’action ?