François Pinault
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Les marges de manœuvre financières sont limitées pour François Pinault
De quels moyens dispose François Pinault pour faire face à ce que lui réclame la justice américaine dans l’affaire Executive Life ? L’idée de verser 185 millions de dollars (153 millions d’euros) et de mettre sous séquestre ses parts dans la compagnie d’assurances Aurora (estimées à 250 millions de dollars) est insupportable pour la troisième fortune française.
Car, au delà du fait que M. Pinault clame son innocence, ses affaires traversent une passe délicate.
Les actifs de Financière Pinault, la société en commandite qui contrôle 100 % d’Artémis, une holding au sein de laquelle sont logées toutes les participations de M. Pinault, sont évalués entre 4 et 5 milliards d’euros. Mais son endettement limite les marges de manœuvre : la société a affiché 202 millions de bénéfices en 2002, pour une dette évaluée à 4,43 milliards d’euros.
En fait, l’homme d’affaires ne peut plus s’appuyer financièrement, comme avant, sur son actif principal, les 42,2 % qu’il détient dans Pinault-Printemps-Redoute (PPR). Depuis plusieurs années, le dividende versé par PPR (environ 118,28 millions d’euros) n’arriverait plus à couvrir le service de cette dette, selon des banquiers proches du dossier, cités dans le Business Week du 8 décembre. Contacté par Le Monde, Artémis n’a pas confirmé ces informations, mais ne les a pas démenties.
PPR, qui est la véritable colonne vertébrale de l’empire, est financièrement sous pression depuis le rachat de Gucci en 2000. Son cours a été divisé par trois depuis 2001. La prise de contrôle du maroquinier italien lui aura coûté au total 7,1 milliards d’euros. Pour financer l’opération, PPR a dû céder l’essentiel de son pôle de distribution professionnelle, pour près de 5,3 milliards d’euros, dans un temps record. Parallèlement, la situation de Gucci se dégrade et le départ annoncé du créateur Tom Ford suscite les interrogations sur la valeur réelle de la griffe italienne.
M. Pinault a également des marges de manœuvre limitées avec ses autres participations. A commencer par Bouygues, dont il détient 8 %. En mai 2003, Artémis a lancé une émission obligataire échangeable en actions Bouygues, pour un montant de 450 millions d’euros, soit l’équivalent de 5 % du groupe de BTP. Une participation à laquelle M. Pinault ne pourra pas toucher avant l’échéance de juin 2008. Restent disponibles uniquement les 3 % qu’il détient via la société Tenessee.
Certains actifs, comme Château Latour ou Christie’s, sont, eux, beaucoup plus "liquides". Mais leur évaluation reste difficile. La maison de vente aux enchères avait été acquise en 1998 pour 700 millions de livres. Un montant qu’il serait certainement difficile de retrouver, vu la conjoncture.