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Raffarin et Sarkozy aux petits soins pour les riches
Réduction d’impôt pour l’emploi à domicile et réforme possible de l’ISF.
Jean-Pierre Raffarin a mis son gros cadeau pour les ménages les plus aisés dans la hotte du budget 2005. Le Premier ministre annonce, dans une interview au Figaro publiée aujourd’hui, que la réduction d’impôt pour emploi à domicile sera augmentée de 50 % dès l’an prochain. Le plafond des dépenses donnant droit à cet avantage fiscal passe donc de 10 000 à 15 000 euros, somme dont 50 % pourront être soustraits à l’impôt sur le revenu. C’est la deuxième fois que le gouvernement Raffarin donne un coup de pouce à ce dispositif, qui était plafonné en 2002 à 6 700 euros.
Ecoute. A ce niveau, la réduction d’impôt pour emploi à domicile est réservée aux 10 % des ménages les plus riches, capables d’une sortie conséquente d’argent tout au long de l’année, équivalente à onze mois de Smic brut. D’une certaine manière, le Premier ministre pratique ainsi une baisse masquée de l’impôt sur le revenu, alors que le président de la République avait décrété une pause le 14 juillet dernier.
Les riches pourraient être doublement à la fête. Jean-Pierre Raffarin maintient certes que la réforme de l’ISF « ne fait pas partie des priorités du gouvernement », mais Nicolas Sarkozy a, de son côté, entrouvert la porte. Hier matin, sur Europe 1, le ministre de l’Economie et des finances a promis d’écouter les parlementaires de sa majorité qui exigent que le barème de l’impôt de solidarité sur la fortune soit, au minimum, indexé sur l’inflation, comme l’est celui de l’impôt sur le revenu. « Sur cette question, je ne ferai pas de proposition dans le cadre du budget et j’attendrai le débat parlementaire pour voir ce que nous ferons », a-t-il expliqué. Une prudence confirmée par son entourage : « Le débat sur l’ISF est un débat politique. C’est donc aux parlementaires de s’exprimer. Et le ministre jugera en fonction. »
Mauvais genre. C’est que le débat sur l’ISF, qui aura lieu en octobre au Parlement lors de l’examen du budget 2005, viendra tamponner la campagne de Sarkozy pour la présidence de l’UMP. Or s’il peut séduire des élus ancrés à droite, le sujet peut faire mauvais genre dans l’électorat pour un ministre des Finances qui se veut désormais champion des classes moyennes.
« Je veux parler pour la France moyenne, expliquait ainsi l’élu de Neuilly devant les militants UMP du Calvados mardi soir, c’est-à-dire pour ceux qui sont trop riches pour être pauvres et trop pauvres pour être riches. » Nicolas Sarkozy avait alors critiqué les « erreurs collectives » de son mouvement, consistant à « se concentrer sur les chefs d’entreprises, les commerçants et les professions libérales » c’est-à-dire justement les catégories sociales qui seraient les plus concernées par une éventuelle réduction de l’ISF !
Mais Nicolas Sarkozy a tout de même indiqué hier par quel biais la question devait être abordée : « Il faut voir le problème dans son ensemble, celui de l’attractivité de la France, et pas petit bout par petit bout. »