(extraits pages 13 et 14)

Les journaux protestent contre ces excès (les bavures policières du moi de mai 1986), comme c’est leur devoir. Et, entre autres, les journaux télévisés, qui ont en cinq ans conquis une certaine liberté de ton dont ils n’entendent pas se départir. Cela irrite en haut lieu. Comme dans le même temps les éditorialistes de M.Hersant ne cessent de gourmander le gouvernement, de lui reprocher sa lenteur, sa pulsillanimité, et de réclamer qu’on épure enfin les ondes toujours aux mains des socialo-communistes, Jacques Chirac dérape. Ce sera le fameux discours d’Autun où, en fin de banquet, le Premier ministre se laisse aller à une mise en garde sévère à l’égard de notre profession de journaliste :

« Je souhaite que chacun se reprenne. Tout le monde y a intérêt. Je ne voudrais pas que le gouvernement soit obligé d’utiliser régulièrement la procédure de déclaration du gouvernement pour faire des mises au point, jour après jour, sur les antennes de telle ou telle chaîne de télévision, afin de corriger ce que peut avoir de trop systématiquement excessif, déformateur, le commentaire. Ce serait une petite guerre absurde. Alors je fais appel au sens des responsabilités de chacun pour que raison soit gardée et que l’information, en France, conserve ou affiche la dignité qui doit être celle d’une démocratie »

Plus encore que le propos - ferme -, c’est le ton du premier ministre qui surprend, et inquiète : on retrouve d’un coup le Chirac des mauvais jours, au débit heurté, aux accents menaçants (...)

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