Philippe Courroye

Jean-Charles Marchiani

Etienne Léandri

Charles Pasqua

ACCUEIL > DOSSIERS > LE COIN DES AFFAIRES > CORRUPTION INTERNATIONALE
Le Monde du 3 août 2004
Fabrice Lhomme

En l’espace de quatre ans, de nombreux proches de Charles Pasqua ont été mis en examen

L’ancien ministre de l’intérieur est lui-même visé par cinq enquêtes, dont trois sont entre les mains de la Cour de justice de la République.

La convocation de Jean-Charles Marchiani par le juge Courroye est l’aboutissement d’une série de procédures, déclenchées à partir de 2000, qui ont mis en cause Charles Pasqua et de nombreux proches du président du RPF.

Charles Pasqua : Il est poursuivi depuis mai 2001 dans l’enquête sur les ventes d’armes vers l’Angola pour "trafic d’influence" et "recel d’abus de biens sociaux", et pour "financement illégal de campagne électorale" - en l’occurrence celle des européennes de 1999. Il est par ailleurs susceptible d’être poursuivi pour "corruption", en tant qu’ancien ministre de l’intérieur (1993-1995), dans trois dossiers instruits depuis juin par la Cour de justice de la République (CJR). Le premier porte sur les conditions dans lesquelles M. Pasqua avait, en 1994, donné son feu vert à l’exploitation de jeux au casino d’Annemasse (Haute-Savoie), alors dirigé par l’un de ses proches, Robert Feliciaggi.

Le deuxième concerne des commissions de 21 millions de francs versées par la Société française d’exportation des matériels et systèmes du ministère de l’intérieur (Sofremi) à Etienne Léandri. Mort en 1995, cet intermédiaire aurait reversé des fonds à l’entourage de M. Pasqua.

Le troisième concerne un virement de 5,2 millions de francs effectué par GEC-Alsthom le 11 mai 1994 sur un compte détenu par Etienne Léandri. Les anciens dirigeants de GEC-Alsthom ont affirmé qu’ils avaient été contraints de verser cette somme, dont le destinataire devait être, via son fils, M. Pasqua, afin d’obtenir du ministère de l’intérieur l’autorisation de transférer le siège de la société.

Pierre-Philippe Pasqua : Le fils de l’ancien ministre, qui réside à Tunis, est visé par deux mandats d’arrêt internationaux délivrés dans les enquêtes sur GEC-Alsthom et la Sofremi. Il aurait perçu des commissions occultes.

Claude Pasqua : Ce cousin germain de l’ancien ministre de l’intérieur a été mis en examen en 2002 avec Claude Marchiani, frère de l’ex-préfet du Var, dans l’enquête sur les fonds occultes versés à l’occasion d’un marché passé avec Aéroports de Paris.

Bernard Guillet : Le conseiller diplomatique de M. Pasqua est mis en examen depuis décembre 2002 pour "recel d’abus de biens sociaux" dans l’affaire de la Sofremi. Depuis avril 2001, il est poursuivi du même chef - ainsi que pour "faux et usage" - dans le dossier des ventes d’armes à l’Angola, en tant qu’animateur de France-Afrique-Orient, association dont M. Pasqua a été vice-président et qui aurait été financée par l’homme d’affaires Pierre Falcone.

Daniel Léandri : Condamné en novembre 2003 à 10 mois de prison et 200 000 euros d’amende dans l’affaire Elf - il a fait appel -, l’ex-conseiller de M. Pasqua est poursuivi pour "complicité de corruption" dans l’affaire du casino d’Annemasse.

Michel Tomi et Robert Feliciaggi : Présentés comme les "empereurs" des jeux en Afrique, les deux hommes sont poursuivis pour "blanchiment" à Monaco et "corruption" à Paris : ils auraient financé les activités de M. Pasqua en échange d’autorisations délivrées par le ministre de l’intérieur.

Marie-Danièle Faure : Cette proche collaboratrice de M. Pasqua est mise en examen - comme l’épouse de M. Marchiani - depuis décembre 2002 pour "recel de blanchiment aggravé" et "recel de trafic d’influence aggravé" dans l’affaire des otages du Liban. Les deux femmes auraient touché des fonds en espèces.

Edgar Vincensini : L’ancien avocat de M. Pasqua est poursuivi depuis 2002 pour "complicité de financement illégal de campagne électorale" dans l’enquête sur le financement de la liste conduite par l’ancien ministre aux européennes de 1999.

Pierre-Henri Paillet : Ce proche collaborateur de M. Pasqua au conseil général des Hauts-de-Seine est mis en examen depuis 2003 pour "complicité d’abus de biens sociaux" dans l’affaire GEC-Alsthom et dans l’enquête sur la Sofremi - cette fois en qualité d’ancien chargé de mission auprès du ministre de l’intérieur.

Bernard Dubois : Ancien président de la Sofremi, il est poursuivi dans cette affaire depuis 2002 pour "abus de biens sociaux", de même que Bernard Poussier, ex-directeur général adjoint de cette société. Ce dernier est aussi poursuivi dans l’enquête sur les ventes d’armes à l’Angola.

(1361 visites)