Ernest-Antoine Seillière

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Le Canard Enchaîné, 12 mai 2004

Les ouvriers au noir du baron Seillère

Le parquet de Paris a ouvert, en janvier dernier, une enquête préliminaire pour "travail dissimulé" à l’encontre d’une entreprise qui se rénovait une résidence secondaire du baron Seillère, dans les environs de Paris. Embêtant pour le patron du MEDEF, qui cogère les URSSAF, chargées de récolter les cotisations sociales des entreprises. Et c’est sans doute par un légitime souci de discrétion que le nom du Baron n’apparaît pas dans la procédure judiciaire.

A la mi-novembre 2003, à la demande de l’Inspection du travail, une équipe de la gendarmerie de l’Oise s’intéresse au chantier de rénovation d’une belle propriété, proche de Senlis, appartenant au patron des patrons. Les pandores constatent alors que l’entreprise parisienne qui effectue les travaux emploie plusieurs salariés non déclarés. Un procès verbal est dressé et envoyé au parquet de Senlis. Lequel le transmet, le 6 janvier, au parquet de Paris, judiciairement compétent pour une entreprise parisienne.

Interrogé par "le Canard" un porte-parole du MEDEF reconnaître que Seillère « a été avisé par l’URSSAF que certains salariés de l’entreprise qu’il employait n’étaient pas à jour de leursw cotisations sociales ». Qu’en termes galants... Le Baron n’aurait alors fait ni une ni deux : « Il a immédiatement écrit une lettre recommandée à l’entreprise pour se passer de ses services. » Une version confirmée par l’URSSAF.

Au siège de la société parisienne en question, dans le XIe arrondissement, le patron semble avoir perdu la mémoire. « Je n’ai pas souvenir d’avoir travaillé dans l’Oise pour un M. Seillère, a-t-il affirmé au "Canard", ni d’avoir été contrôlé par l’inspection du travail. »

Et s’il avait oublié de déclarer ses ouvriers, c’est sans doute à cause de sa mémoire défaillante.

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