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La Sécu par Filoche et Pignard
MP3 - 3.4 Mo

sécurité sociale

Jacques Marseille

Gérard Filoche

ACCUEIL > EN LUTTE > social / dérèglementation
France Inter - France3, Culture et dépendances, mai 2004

Peut-on sauver la sécu ? selon G. Filoche, P. Pignard, J. Marseille, G. Valencien (à écouter)

Peut-on sauver la sécu ? Emission du 11 Mai 2004 (France-Inter)
- Gérard FILOCHE, Inspecteur du travail
- Philippe PIGNARD, expert de l’industrie pharmaceutique

- Philippe PIGNARD :"10 millions de cartes vitales en trop ne veut pas dire qu’il y a fraude généralisée, puisque en France, tout le monde est couvert par une sécurité sociale."


extrait émission Culture et Dépendances, F3, 19 mai 2004

- Philippe PIGNARD :"Il faut cesser de dire que le déficit est un désastre. Moi je trouve à l’inverse que le deficit est la bonne nouvelle. Parce que je reviens des états-unis et quand vous discutez là-bas avec les parlementaires américains qu’ils soient de droite ou de gauche, et que vous leur demandez quel est votre chiffre, ils ne répndent pas 10 milliards au 12 milliards, ils vous disent 43 millions. Mais 43 millions de personnes exclues ! Parce que dans le système américain, il n’y a pas de déficit, mais il y a de l’exclusion sociale. Il y avait dans le Los-Angeles Time de la semaine dernière, une tribune des urgentistes américains qui disent on a 43 millions de personne sans couverture sociale...
- Bernard Debré  : Mais attendez...
- PP : ...nos services d’urgence snt submergés...
- BD : Vous allez dans mon sens !
- PP : Quand on regarde ce qui se passe aux Etats-Unis, ils sont dix fois plus submergé qu’en France.
- BD : Mais si on laisse courir le déficit, il n’y aura QUE des exclus !

(...)
- Guy Vallancien : Quand on regarde l’évolution de la medecine, il y a eu des progrès consudérables en 150 ans. Le problème, c’est qu’il y a une fracture de plus en plus grande entre ce que nous faisons sur le plan technique et l’organisation même de l’hopital qui est restée totalement moyennâgeuse. L’administration est assez... totalitariste, l’organisation du monde infirmier complêtement caporaliste, avec des grilles de salaires qui sont les mêmes ! Il n’est pas normal qu’à l’hôpital qu’un médecin du travail touche la même chose qu’un accoucheur ou un urgentiste qui va se taper des heures de gardes ou des responsabiblités bien plus grandes ! On est plus dans l’organisation saine que connaissent les entreprises... qui marchent bien - car il y a aussi des entreprises qui ne vont pas bien. Ce que je souhaite c’est qu’on remette un petit peu d’ordre dans la machine hôspitalière. (...) Le système public empêche l’hôpital d’évoluer.

(...)
- PP : Ce qu’on constate quand on regagrde le système américain, c’est que c’est le plus bureaucratique...
- Guy Vallancien : On le sait ça....
- PP : Le système privé, au niveau de l’assurance maladie est le plus bureaucratique.
- BD : Monsieur Pignarre...
- PP : Aujourd’hui aux Etats-Unis Monsieur Debré vous avez un administrateur pour un medecin. En France, on est pas dans ces chiffres-là. Le système est le plus bureauucratique et c’est celui qui coûte le plus cher, parce que l’assurance privée américaine doit rémunérer ses actionnaires. Et comme ils se font de la concurrence entre eux, ils dépenses 20 à 25 % de leur budget en marketing pour attirer des clients. On voudriat donc un système qui a deux sources de pertes suplémentaires : les actionnaires d’un côté qu’il faut rémunérer et de l’autre le marketing pour attirer les clients vers les différentes compagnies d’asurance !
- GV : Si on va chiffres à chiffres, on arrivera jamais à s’entendre, mais on peut vous rétorquer : ds’accord : 14% du PIB pour la santé aux Etats-Unis...
- PP  : 15 l’année dernière
- GV : Quels sont les premiers labos au monde ? Quels sont les marchands de matériel médical pour ce que je fais : la chirurguie : les américains ! Quels sont les premiers marchands de radiologie ? Nous les avons tous perdus ! (...) Les américains dépensent beaucoup, mais ils font vivre la machine. C’est un choix de société !

(...)
- Jacques Marseille : Il faut confier ces hauts lieux de dépense (les hôpitaux) à des gens de bon sens. (...) Ce n’est que du bon sens. Quand je regarde aujourd’hui que 80% des opérations sont effectuées dans 22% des hôpitaux, c’est exactement la même chose qu’à l’agrégation ou au CAPES ou 80% des reçus viennent de 5 universités ou de 10 universités. C’est vrai que les hôpitaux, que les gendarmeries ou que les écoles ont été fait à l’époque où les gens se déplacçaient à dos d’âne... ou dans des carioles. C’est à dire que l’idée de faire 30 kilomètres pour aller se faire soigner était considéré comme demandant une journée de déplacement. (...) Ce que tous vos livres montrent, c’est qu’on pourrait dépenser beaucoup moins pour faire beaucoup mieux.

(...)
- Guy Vallancien : Il y a un syndrôme AP. L’Assistance Publique des hôpitaux de Paris, n’est pas...En me balladant pour la mission qui m’a été confiée, j’ai vu (...) des hôpitaux où les gens sont heureux. Vous allez à Jonsac, Charentes, ce n’est pas parceque c’est dans la région du premier ministre - mais Jonsac, Charentes, les gens sont heureux. Pourquoi ils y sont heureux ? Parce qu’ils ont failli y mourrir deux fois ! On leur a piqué leur maternité. Ils se sont dit peut-être qu’on est pas bon ! Et deuxièmement, il ont failli voir leur service de chirurgie mourrir, mais l’évaluation a finalement montré qu’il était bien. Ce qui m’intéresse, c’est que le système public ne connaît pas la sensation de mort que connait l’entreprise privée. Quand Rose-Marie Van der Berg a accepté de nous voir pour la mission que nous avions à faire, elle, venant du privé, nous a dit : J’ai trouvé les personnels fantastiques à l’AP... dévoué. Mais je n’ai pas senti la sensation de mort ! Donc il faut introduire un peu de risque dans le système publique pour que les gens se mobilisent. Vous êtes bien d’accord ?
- Patrick Pelloux : Non ! Je ne suis pas d’accord. Par rapport à la catastrophe humanitaire qu’on a connu l’été dernier, les personnels ont su se mobiliser.
- GV  : Sur un évenement pareil, dont acte !


A lire :
- Gérard FILOCHE, Gérard BERTHIOT et Jean Jacques CHAVIGNE "SOS Sécu. Casser ou sauver la Sécu ?" Le bord de l’eau
- Philippe PIGNARRE "Comment sauver vraiment la sécu ?" La Découverte
- Gérard FILOCHE "Carnets d’un inspecteur du travail" Ramsay

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