Philippe Courroye

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Libération, mardi 23 mars 2004
Par Fabrice TASSEL

Frais de bouche des Chirac : Delanoë ne digère pas le non-lieu

Obstination ou simple volonté d’aller au bout du processus judiciaire ? Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a en tout cas décidé hier de faire appel de l’ordonnance de non-lieu rendue le 15 mars par le juge Courroye dans l’affaire des frais de bouche du couple Chirac alors qu’il occupait l’Hôtel de Ville. « Il est désormais souhaitable que la lumière puisse être faite sur les conditions dans lesquelles ces détournements apparaissent ou non dans la comptabilité publique de la Ville et dans quelle mesure ils sont prescrits », s’est justifié Bertrand Delanoë.

Les chances de succès s’annoncent toutefois minces. Le juge Courroye a en effet clos son enquête sans engager de poursuites, en raison de problèmes de prescription. Le parquet a ensuite partagé son avis.

La démarche du maire socialiste n’est toutefois pas sans intérêt car elle pourrait amener la Cour de cassation à trancher le débat sur la prescription qui envenime cette affaire. La justice estime que le point de départ de la « mort » judiciaire se situe lors du contrôle des dépenses du couple Chirac par l’administration parisienne ­ au début des années 90 ­, alors que certains observateurs, dont l’opposant (vert) Alain Riou, qui a pressé Bertrand Delanoë de faire appel, pensent que la prescription a démarré lors de la dénonciation des faits dans un rapport de la questure, en mars 2002. Seule cette clarification pourrait relancer une enquête pourtant alimentée par plusieurs témoignages probants d’employés de la mairie de l’époque.

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