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scripte complet 100 min pour convaincre Barre-Delors
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ANALYSES POLITIQUES

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enlutte.org, 29 février 2004
François Guillement

L’opération "choc et effroi" du gouvernement Raffarin

La manière de gouverner du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin tranche singulièrement avec celle de ses prédécesseurs de droite comme de gauche. Il ne semble vouloir ménager aucun répit dans sa politique anti-sociale. Si il séduit ainsi son éléctorat le plus à droite, c’est surtout l’échéances de cinq années sans éléction d’importance qui lui donne les coudées franches.

Depuis le développement du chômage de masse dans les années 70, les analystes prédisaient avec bon sens que le nombre de chômeurs allait faire naitre un sentiment de révolte dans la société française. Pourtant, force est de constater que ce ne fut pas le cas. Au contraire, le nombre toujours plus croissant de chômeurs déstabilisa les syndicats, et servi de repoussoir efficace aux véléhités salariales et sociales de ceux qui désormais avaient "la chance d’avoir un boulot".

L’enchaînement des contre-réformes.

Après la réforme des retraites passée en force au printemps 2003, le gouvernement aurait pu craindre un mécontentement populaire trop important et modérer ses ardeurs ultra-libérales. Mais, à l’image de George Bush qui nommait l’invasion de l’Irak "choc et effroi" montrant que le but était de pétrifier les Irakien de peur pour les anéstésier, le gouvernement français a enchaîné les réformes destructrice dans la foulée. Il a osé l’impensable : se payer les intermittents alors que le mouvement des retraites n’était pas encore éteint.


Sakozy : faire 10 réformes pour les faire passer
Sarkozy analyse son propore plan de réforme, en janvier 2008

Tout n’était pas laissé au hasard bien-sûr : Le calendrier caricatural mais efficace allait faire taire les manifestations durant l’été, les journamlistes en vus et la télé déversaient en boucle le message gouvernemental sans permettre aux contre-propositions de s’exprimer. Aux profs en révolte, il donna un petit coup suplémentaire sur la tête en retenant sans étalement les jours de grêve. Appliquant presque à la lettre les préceptes de bonne gouvernance de l’OCDE (lire analyse), les membres du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin divisèrent la population, occuppèrent massivement les médias, se répendirent en mensonges éhontés ("on sauve le système de retraites par répartition", "on sauve le statut des intermittents du spectacle", etc.).

Acheter l’ennemi.

Pour gagner la bataille stratégique de Bagdad, George Bush a sorti une arme fatale : Il a acheté le chef militaire chargé de la défendre. Selon le Journal du dimanche du 25 mai 2003, Bagdad est tombé aussi vite parce qu’"un général a trahi". "Maher Soufiane al-Tikriti, cousin de Sadam Hussein, chef de la Garde républicaine spéciale et patron de la défense de la capitale a livré la ville aux troupes américaines "contre quelques millions de dollars et un sauf-conduit pour sa famille. (lire article du Monde)

Selon ce journal, le général, cousin de Saddam Hussein, a livré la ville aux troupes américaines "contre quelques millions de dollars et un sauf-conduit pour sa famille"Celui-ci a ordonné à ses troupes de ne rien faire et la grande bataille que tout le monde attendait n’a pas eu lieu. François Fillon, lui, a négocié avec François Chérèque un alignement total sur les position du gouvernement. Depuis quelques mois, la CFDT se trouve donc a l’unisson du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Comme les membres du gouvernement, François Chérèque divise la population, stigmatisant les fonctionnaires, occupe massivement les médias où il explique que la CFDT a sauvé le système de retraites par répartition et le statut des intermittents.

Une droite décomplexée.

Depuis le temps que certains attendent le retour de la bonne vieille droite, ils sont servis. Prétextant dès son arrivée à Matignon en 2002 que « la meilleur façon d’éviter un 21 avril était de recréer la frontière droite-gauche et qu’il entendait gouverner à droite en réformateur libéral » (1), Jean-Pierre Raffarin applique une vrai politique de droite.

Ainsi, Le Monde conclut son éditorial du 24 février 2004 :

« Il recrée une opposition droite-gauche des plus classiques, accentuée par l’ultra-libéralisme assumé du premier ministre dans le domaine économique et social. Jean-Pierre Raffarin disait sans fard la vraie nature de ses attachements à la mi-février à Madrid, quand il a jugé que le Parti populaire de José Maria Aznar était pour lui un "modèle" : "Promotion de l’esprit d’entreprise, de la solidarité, de la famille, du patriotisme". Tout un programme, en effet. »

Dans la même veine, Alain Juppé déclarait en voyage officiel en Russie : « Nous avons des affinités évidentes avec Russie unie [parti de Poutine] », en citant « l’attachement à la liberté individuelle, le principe de responsabilité, et le principe de solidarité, qui se traduit, en Russie, par l’exigence de justice et la volonté de lutter contre la pauvreté ». (lire article sur le voyage d’Alain Juppé dans Llibération)

Le K.O. SOCIAL

La gauche est belle et bien K.O.. Le PS, seul parti éligible pour l’instant tire les conclusions inverses que celle de ses élécteurs déçus qui sont allé voter pour les verts ou l’extrème-gauche : La débacle de 21 avril est-elle due à une politique pas assez sociale où à l’extrème-gauche qui dénonçait une politique pas assez sociale. Le dégout croissant des français pour la politique est-il du aux dérives mafieuses (2) ou aux journalistes qui dévoilent ces pratiques ?

Avec la fronde toujours vivante des intermittents, l’appel des inrockuptible à dénoncer la guerre à l’intelligence opérée par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, c’est un frémissement de contestation qui se fait sentir. Peut-être que l’avis de K.O. SOCIAL lancé par des associations et quelques groupes engagés sera le début d’une prise de conscience salvatrice. Mais soyons sûr qu’en face, ce concert sera regardé avec la désinvolture de ceux qui se sentent forts, qui ont tous les pouvoirs entre leurs mains, l’argent à volonté et encore beaucoup de projets retrogrades à nous faire avaler. Visiblement pour eux, l’apétit vient en mangeant. A nous de retouver le notre.

(1) - Le Monde, éditorial du 24 février 2004

(2) - Le mot est employé par Raymlond Barre dans 100 min pour convaincre du 16 février 2004 :

« Mais, c’est vrai qu’il y a eu des systèmes mafieux liés à des machines, et ce que monsieur DELORS disait est très juste, maintenant, les partis sont des machines, qui cherchent à collecter de l’argent, qui mettent leurs apparatchiks en place et qui préparent la voie future pour un candidat à l’élection présidentielle... (...)il faut avoir vu la recherche de l’argent pour participer aux consultations électorales... Oh, écoutez, je peux vous dire que... il y a beaucoup de raisons pour lesquelles j’ai été battu [en 1988], ça, je ne me fais pas d’illusions, mais l’une des raisons, c’est que je n’étais pas capable d’aligner autant d’argent. »

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