Affaire Alègre
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Affaire Alègre, la justice en eaux troubles
Une lettre du substitut du procureur de Toulouse dénonce les carences de l’instruction
« Il ne m’apparaît plus possible, en conscience, de continuer à suivre ce dossier. »
Cette requête ne relève pas de n’importe qui, mais de François Heinisch, substitut du procureur de la République de Toulouse, en charge de l’affaire Alègre. Dans un courrier du 13 janvier adressé à son supérieur, Michel Bréard, François Heinisch demande à ne plus s’occuper du « volet notables » de l’affaire, ouvert en avril dernier, à l’arrivée du nom de Dominique Baudis dans le dossier.
Révélé par France Soir le 13 février, ce courrier fait tache, quatre mois après le départ fracassant de Michel Roussel, le gendarme de l’enquête. Le substitut Heinisch estime qu’« il n’y a plus de lisibilité de l’action du parquet (...) depuis septembre 2003. » Sur dix pages, le magistrat pointe les carences et un recadrage de l’enquête. « L’instruction s’oriente vers une (...) démonstration que les deux principales protagonistes auraient de fait opéré une manipulation. » En clair, il faut démontrer que Fanny et Patricia mentent. Les deux ex-prostituées ont accusé des notables toulousains avant de se rétracter pour partie. Mais, pour Heinisch, « s’il est vrai que [leurs] dires ont vu leur crédibilité entâchée (...), il est du devoir de l’institution judiciaire de [les] vérifier ».
Or, depuis l’envoi de cette lettre, rien ou presque. François Heinisch a-t-il été dessaisi ? Le procureur de la République ne veut pas nous parler. Heinisch, quant à lui, se contente d’un lapidaire « je n’ai pas eu de réponse pour l’instant ». Les familles des victimes et les différentes parties à l’affaire non plus.