Bernadette Chirac
Sur les traces d’Hillary, Bernadette pense au Sénat
sketch des Guignols de canal+
Pour l’instant, elle se tient coite. Bernadette Chirac a la tête dans les pièces jaunes. La quinzième édition de cette opération caritative, lancée jeudi 8 janvier, doit se poursuivre jusqu’au 14 février. Toute annonce politique avant cette date comporte un risque pour Mme Chirac : celui de se voir reprocher par l’opposition d’utiliser son image et son crédit au profit de son camp. Elle se tait, donc, élude les questions, fuit les journalistes. Et réfléchit à la suite. Son entourage ne dément pas qu’elle a beaucoup donné pour son canton de Corrèze, détenu sans interruption depuis vingt-quatre ans, et qu’elle songe à autre chose.
Et si cet "autre chose" était le Palais du Luxembourg ? Bernadette sénatrice, comme Hillary Clinton ! Le seul modèle qu’elle se reconnaisse, au fond, en politique. Ses proches ont bien du mal à cacher qu’elle y songe. Un siège se libère d’ailleurs, en septembre, à Paris : celui de Maurice Ulrich, 79 ans, conseiller et ami du président. Dès la rentrée de septembre 2003, M. Ulrich laissait entendre qu’il ne se représenterait pas. Voilà déjà le point de chute.
Mme Chirac renforce son équipe rapprochée. Depuis décembre, Jean Ballandras, un ex-secrétaire général de la préfecture de Corrèze jusqu’à fin 2001 est venu la rejoindre à l’Elysée. Il fait office de chef de cabinet et a fini par remplacer Bernard Niquet, devenu préfet des Yvelines. La productrice Anne Barrère continue de gérer la communication de la femme du président. Mme Chirac a également fait venir deux autres personnes de Corrèze pour assurer des tâches administratives. Quelle que soit sa décision, dans quelques mois, elle a besoin d’une équipe renforcée pour soutenir les candidats de l’UMP aux régionales de mars 2004.
Dernière pièce du puzzle, le conseiller de Jacques Chirac pour la décentralisation, Gérard de Pablo, s’est lancé dans la campagne des régionales comme tête de file du département de Corrèze, une décision que "le président a apprise avec satisfaction", dit-il. Il pourra ensuite se présenter aussi aux cantonales, si Mme Chirac, qui aura 71 ans le 18 mai, brigue le Sénat. Un bail de neuf ans et la dernière étape de son autonomisation politique. Ainsi qu’une première, pour une épouse de chef d’Etat, sous la Ve République.