S.A.C.
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Nicolas Sarkozy
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Jean-Claude Méry
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Hauts-de-Seine
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Charles Pasqua
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Charles Ceccaldi-Raynaud
Achille Peretti
L’autre bombe dont l’expolsion menace la droite
Marchés truqués, commissions occultes et favoritisme... Dans les Hauts-de-Seine, les affaires sont plus explosives encore que celles de la Mairie de Paris. Juges et policiers entendent bien les faire sortir. Enquête.

- Charles Pasqua, Patrick Balkany et Didier Schuller lors d’un meeting de l’élection cantonnale de 1994 à Clichy.
C’est comme les mèches que l’on croit éteintes. Le cordon, en fait, continue de se consumer, lentement. Et un jour tout explose.Or, depuis près de quinze ans, tous les efforts possibles et imaginables juridiques, institutionnels, politiques - ont été mobilisés pour neutraliser cette bombe à fragmentation que sont les « affaires de la Mairie de Paris » !
Le maire de l’époque, devenu président de la République, a été mis à l’abri, la plupart de ses acolytes au vert ; de nombreuses procédures ont été interrompues, des dossiers classés, des documents égarés, des instructions bloquées, des juges écartés, des échéances renvoyées sine die, des non-lieux arrachés de haute lutte, des vices de forme débusqués... Or, rien n’y fait : il y a toujours une sous-bombinette qui n’a pas été désamorcée à temps, qui mijote toute seule dans son coin puis qui explose et remet le feu aux poudres. Ainsi l’affaire des permanents du RPR dont les salaires étaient pris en charge par l’Hôtel de Ville sous forme de rétribution d’emplois fictifs. Entre un quart et un tiers des employés du RPR était, en fait, illégalement payés par d’autres organismes. Certains - c’est le plus grave - étaient rémunérés, en échange d’affectations bidons, par des entreprises privées telles l’ancienne Lyonnaise des eaux (devenue Groupe Suez) ou l’ex-Générale des eaux (devenue Vivendi), récompensées par de juteux marchés publics obtenus à l’issue d’appel d’offres truqués. Une partie de ces montages frauduleux étaient organisés par le fameux Jean-Claude Méry (celui de la cassette), un temps membre de la direction du RPR et qui, un jour, dans son bureau de la rue des Grands-Augustins, à Paris, se vanta devant nous d’avoir réussi, de la sorte, à faire remonter plusieurs centaines de millions de francs jusqu’à la direction du RPR, et qu’il en rendait compte directement au cabinet du maire, Jacques Chirac (qui était également le président de ce parti). Il recevait, par fax, en provenance de l’organisme de gestion des HLM de Paris, car dirigé par un ami corrézien de Chirac, la description des nouveaux marchés publics à arracher (ascenseurs, électricité, réfection de bâtiments) et des précisions sur les prix jugés compétitifs, avant même le lancement officiel des appels d’offres. Heureusement, Méry n’ est plus. Le fidèle et courageux Michel Roussin, ex-chef de cabinet de Jacques Chirac, ex-membre du gouvernement, l’homme qui sait tout, après avoir traversé une zone de doute, a choisi de se taire. L’honneur d’un officier.
Offrandes "obligatoires".
Louise-Yvonne Casetta, trésorière occulte du RPR, celle qui, contre l’attribution de marchés annexes, recevait directement, en liquide, les offrandes « obligatoires » des industriels, en a juste dit assez pour qu’on ne l’importune pas, mais rien de plus ! Surtout, alors qu’Alain Juppé était, à l’origine, également poursuivi pour avoir couvert le paiement des salaires de responsables du RPR par des entreprises privées, il a bénéficié, concernant ce volet (le plus explosif) de son dossier, d’une manière de non-lieu. Ouf ! Le maire de Bordeaux se croyait donc sorti d’affaire. Pas du tout ! les juges de Nanterre ont fait comme s’ils lui faisaient payer cette dérobade procédurière ! Et la machine infernale est repartie. Du coup, certains frissonnent : car ce n’est pas fini. Ce n’est jamais fini.Certes, le juge Halphen a été dessaisi, mais le dossier des HLM de Paris n’a pu être refermé pour autant. Le juge Riberolles a, imperturbablement et discrètement, poursuivi le travail : 53 personnes ont été mises en examen et, parmi elles, des chefs d’entreprise tout à fait disposés à décrire, par le menu, le système de racket politique dont ils affirment avoir été victimes, de la part du RPR, à une époque où Juppé en était l’un des dirigeants. Ecoeurée, considérant avoir été lâchée, Louise-Yvonne Casetta pourrait également être amenée à en dire plus. Or, horreur ! le procès devrait se dérouler un an avant la prochaine élection présidentielle ! D’où un formidable forcing pour obtenir la nullité de la procédure.
faux électeurs
Toujours un an avant la présidentielle, devraient être jugées les affaires des « faux électeurs » parisiens, ceux du IIIe, Ve et éventuellement XXe arrondissement, avec exhibition de documents prouvant que l’ordre de réaliser à tout prix un grand chelem en 1989 - c’est-à-dire la victoire de la droite dans tous les arrondissements - avait été donné en haut lieu et que le député-maire du XXe, Didier Bariani, avait en partie assisté à une réunion « au sommet » où des consignes précises avaient été transmises qui allaient dans ce sens. Enfin, si les autres cas d’emplois fictifs de la Mairie de Paris sont en grande partie prescrits, il reste encore à juger le méga-scandale des lycées d’Ile-de-France dont la réfection donna lieu à des commissions occultes versées, certes, à tous les partis, mais en priorité au RPR. C’est à cette occasion que, de nouveau, Louise-Yvonne Casetta mais aussi Michel Roussin doivent comparaître, ainsi que l’ancien président du conseil régional Michel Giraud, traumatisé par un dossier le dépassant, et qui pourrait en conséquence passer aux aveux. Bizarrement, c’est à l’occasion de cette enquête que furent découverts les paiements en liquide par Jacques Chirac et sa famille de factures à une agence de voyages, paiements mis sur le compte des « fonds secrets » de l’Hôtel Matignon. Une explication qui ne tiendrait plus si l’un des témoins affirmait, comme le fit Jean-Claude Méry, qu’une partie des 2 % prélevés sur les marchés remontait, en effet, jusqu’au président du RPR !
Le scandale des scandales ou le feu couve dans les Hauts-de-Seine
Tout cela, dont on ne se souciait plus guère, inquiète de nouveau depuis le séisme Juppé ! Or, ce ne sont là, sans doute, que bagatelles (sauf pour Jacques Chirac) en regard de la bombe atomique que représente l’ensemble des affaires, plus crapuleuses, plus mafieuses les unes que les autres, qui, reliées entre elles, rapportées à un système unique, peuvent devenir demain l’énorme scandale des Hauts-de-Seine !
« Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal... »
C’est un ancien et important élu (de droite) de la région qui nous le confie sous le sceau de l’anonymat (car on ne sait jamais) : « On ne peut pas imaginer, si l’on ne l’a pas vécu de l’intérieur, à quel niveau de pourrissement, de quasi-gangstérisation, est parvenue la vie politique dans ce département, ou du moins dans une partie de ce département, celle qui a connu les plus fortes mutations urbanistiques. C’est Nice du temps de Jacques Médecin et des bébés Médecin, mais à la puissance 10. » Autre cacique du département mais honnête homme, Jean-Pierre Fourcade, sénateur-maire de Boulogne- Billancourt et ancien ministre de Giscard d’Estaing, déclare plus sobrement : « Charles Pasqua, c’est un peu comme François Mitterrand : ce n’est pas un homme d’argent, mais il est entouré d’aigrefins. »
Or, si pendant des années, malgré quelques alertes - comme les scandales Balkany ou Schuller -, on parvint à maintenir le couvercle sur cette marmite incandescente, la justice, depuis quelques mois, recommence à rôder autour des zones de non-droit qui passent, depuis longtemps, pour être les plus gangrenées : Levallois, Puteaux, Courbevoie, Clichy, etc. « Effarant », confie un juge, qui précise cependant que les réseaux de protection sont tels qu’il faut « s’y aventurer en marchant sur des oeufs ». « N’exagérons pas, 11 municipalités seulement sur 33 sont concernées ! » tente de relativiser un ministre, honnête lui, et longtemps élu du département. Un tiers ! Une forme d’humour ? En attendant, Didier Schuller, ancien conseiller général des Hauts-de-Seine, qui participa activement au système Balkany, en particulier au sein de l’office HLM qu’il présida, fait dire qu’il se fera un plaisir, au cours de son procès, de révéler tout ce qu’il sait sur le fonctionnement du RPR départemental entre 1988 et 1994 ! Exemple ? Pas une entreprise du BTP qui fi obtînt un marché, dans ce secteur en pleine rénovation, sans verser des sommes substantielles aux organisations politiques claniques locales contrôlées par les élus, en particulier par le biais de pseudo-publicités vendues à des prix proprement pharaoniques, publiées dans les journaux municipaux. Il s’agissait, en fait, de blanchiment de commissions occultes (qui s’ajoutaient aux« bonnes oeuvres » !), véritables taxations illégales, mais obligatoires, permettant d’accéder, grâce aux truquages des appels d’offres, à des marchés portant parfois sur des milliards de francs. Ensuite, il fallait repayer pour obtenir les marchés annexes des « entretiens » - ascenseurs, chauffage, électricité - et des rénovations.
Un exemple parmi cent, autour duquel tournent les juges : l’entreprise GEC Alsthom voulait déménager son siège social de la Défense à Saint-Ouen (dans la Seine-Saint-Denis). Qu’à cela ne tienne, il fallait payer. « Nous avons cédé à une pression qui était une forme de racket », déclara Pierre Bilger, alors président d’Alstom. Et l’ancien PDG de GEC Alsthom Claude Darmon précisa : « On nous a demandé de payer une somme d’argent (10 millions de francs) pour obtenir un agrément, ce que je qualifierais de rançon ou d’extorsion. Corruption caractérisée. »
Comment un ex-souteneur fait cracher GEC Alsthom.
En fait, pour délocaliser son quartier général, GEC Alsthom avait besoin du feu vert de la Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) dirigée par un proche de Charles Pasqua. Or, le président du conseil général des Hauts-de-Seine - le même Pasqua - cherchait, lui, à renflouer son Quotidien du maire, organe d’influence politique s’il en est, mais proche du dépôt de bilan - ce qui aurait donné lieu à un audit mal venu de sa comptabilité ! Un intermédiaire de haut vol, ancien souteneur devenu parrain des affaires off-shore, Etienne Léandri, reçut donc pour mission de collecter des fonds destinés à renflouer le précieux outil de promotion - ce pourquoi Léandri demanda 10 millions de francs à Alsthom, et en obtint 5,2 millions qui furent virés depuis une off-shore helvétique. « Cette somme, expliqua-t-il avec un culot phénoménal, suffit à expliquer que cette société est une entreprise citoyenne, prête à aider les maires à avoir de l’information ! » En fait, Léandri versa 13 millions de francs sur le compte du Quotidien du maire, car il y ajouta - du moins on l’en soupçonne - une commission indue que lui avait rétrocédée la Sofremi - société sous tutelle du ministre de l’Intérieur (alors Pasqua), chargée de vendre des matériels de sécurité à l’étranger. .. en l’occurrence au Koweït ! On peut également se poser cette question : lorsque le groupe Elf, en 1991, céda à un très bon prix au groupe Thinet, très lié aux élus de droite des Hauts-de-Seine, un terrain à Issy-les-Moulineaux, celui-ci ne fut pas préempté par cette mairie. Il fut finalement racheté par une société d’économie mixte émanation du département des Hauts-de-Seine. Cette sulfureuse opération permit de dégager une commission de 66 millions de francs -, qui est le mystérieux Carlo qui toucha, à lui seul, 6 millions ?
Des protecteurs en haut lieu.
Un chef d’entreprise, qui s’est installé à Levallois-Perret dans les années 80, décrit un système formidablement bien huilé et qui ne laissait aucune échappatoire : « Tout se passait comme s’il existait une seconde fiscalité, non officielle, a priori frauduleuse mais admise, et qui bénéficiait de ses propres services de recouvrement. » Quand Patrick Devedjian s’empara de la municipalité d’Antony, un industriel vint tout naturellement lui remettre un chèque de 350000 F. Stupéfaction de l’intéressé. Il s’agissait d’un « petit cadeau » lié au renouvellement d’un marché de chauffage et qui, sous ses prédécesseurs, était devenu une véritable taxe institutionnalisée.
Refuser de payer ? Outre que cela signifiait la perte d’affaires considérables, cela pouvait aussi, après coup, valoir quelques désagréments, en particulier à Puteaux, dont les élus de l’opposition, d’hier et d’aujourd’hui, décrivent la mairie comme un véritable repaire de malfrats qui fait froid dans le dos. En l’occurrence, le maire de Puteaux, Charles Ceccaldi- Raynaud, ancien membre de la SFIO d’Algérie qui fut exclu pour violence policière (sous Guy Mollet !), et qui conquit la mairie à l’aide des gros bras du SAC (un colleur d’affiches de son adversaire, Georges Dardel, fut même poignardé), devint député RPR en tant que suppléant de... Nicolas Sarkozy. Or, ce n’est pas neutre : les Hauts-de-Seine, en effet, ont presque toujours bénéficié de représentants très hauts placés, en particulier dans les gouvernements de droite, ou à la présidence de l’Assemblée nationale (Achille Peretti, député maire de Neuilly) et, en particulier, au ministère de l’Intérieur (Pasqua et, aujourd’hui, Sarkozy). Ainsi, lorsque Georges Tranchant (RPR), le roi des casinos et des machines à sous, était député d’Asnières, et Pasqua ministre de l’Intérieur, deux membres de la police des jeux qui enquêtaient sur son compte furent mutés. Quelques autorisations miracles lui furent par ailleurs accordées. A lui et à d’autres. Aujourd’hui, Tranchant regarde les événements de loin et souligne simplement que Pasqua est très fort et qu’on ne le coincera pas comme ça ! « C’est un ancien chef d’entreprise. Il sait ce qu’est un abus de biens sociaux, et une prise illégale d’intérêts. C’est pour cela qu’il n’a jamais rien fait qui tombe sous le coup de la loi. » Mais les protections ne sont pas éternelles. Le« précédent Médecin », à Nice, le prouve.
Ainsi, les enquêteurs du ministère des Finances sont-ils tombés sur une note, rédigée en 2001 par un responsable commercial de la société d’ascenseurs Otis. Il y expliquait comment, entre 1993 et 1995, Hervé Bolze, directeur de cabinet du maire de Levallois, Patrick Balkany, lui avait suggéré d’augmenter ses factures de 3 % afin de nourrir les caisses du RPR local à l’approche des élections. La direction des fraudes signala cet écart de conduite au procureur de Créteil qui, apparemment, enterra le dossier. Or, un nouveau procureur, tombant par hasard sur la fameuse note en septembre 2003, a relancé la procédure. Et le directeur de cabinet de Balkany, promu entre-temps auprès du directeur de l’office HLM du département, n’a pu nier l’évidence. Détail croustillant : la secrétaire particulière d’Alain Juppé était employée par l’office HLM des Hauts-de-Seine.
Autre enquête en cours : des villas luxueuses étaient louées dans l’île antillaise de Saint-Martin à des chefs d’entreprise des Hauts-de-Seine, à des prix défiant toutes concurrence. Or, le nom de Patrick Balkany figurerait sur les baux correspondant à ces villas, bien que celui-ci affirme n’en être pas propriétaire. Fausse déclaration de patri moine pour tromper le fisc ?
C’est également inopinément qu’un homme d’affaires luxembourgeois, sans apporter de preuves, a accusé le maire de Puteaux, Ceccaldi-Raynaud, d’avoir couvert, en 2001, le versement d’une centaine de millions de francs de commission pour un marché de chaufferie à Nanterre. Or, là encore,la direction de la concurrence et de la répression des fraudes des Hauts-de-Seine avait des soupçons, comme l’a révélé l’Express. Ce marché, selon les enquêteurs, aurait porté sur 10.000 logements et 90 immeubles de bureaux à l’issue d’un appel d’offres ne comportant aucun critère de prix, remporté par la société Enerthem. Bien sûr, Charles Ceccaldi-Raynaud dément toute fraude. Achille Peretti, l’ex maire de Neuilly, ne fut pas rattrapé par la justice malgré les casseroles qu’il traînait.
Des copains et des coquins sympathiques.
Faut-il comparer le scandale larvé des Hauts-de-Seine (dont le budget serait plus important que le PIB de la Grèce !) aux différents scandales de la Mairie de Paris ? Oui et non. On retrouve, certes, le racket systématique des marchés publics, le truquage des appels d’offres (aussi cette subvention de 200 000 € versée à une société amie par la municipalité d’Asnières pour organiser un défilé folklorique), les commissions occultes et dessous-de-table, la taxation illégale et peut-être même, à en croire les soupçons de l’ancienne députée de Neuilly Florence d’Harcourt, des électeurs fictifs... Mais il y a une grande différence : paradoxalement, le système parisien, destiné à financer une entreprise de conquête du pouvoir politique d’Etat, et qui fonctionna au service du néo gaullisme chiraquien, fut géré par des gens froids, professionnels, pas toujours sympathiques, mais personnellement honnêtes. Ainsi, le rigoureux et subtil Michel Roussin, Alain Juppé que personne n’a jamais soupçonné d’être un ripoux, ou Jérôme Monod, protestant rigide. Dans les Hauts-de-Seine, en revanche, ce fut réellement le règne des « copains et des coquins », comme les décrivit Michel Poniatowski, ministre de l’Intérieur de Giscard d’Estaing, qui englobait, en outre, certains d’entre eux dans un clan « corse ». Gens plutôt sympathiques au demeurant, bons vivants, pas gaullistes pour deux sous, mais représentant la branche libérale-affairiste du RPR et qui ont entrepris, à partir de la fin des années 60, quand le département explosa sous la poussée des grands travaux de la Défense, de se partager un énorme fromage ! Florence d’Harcourt décrit fort bien une mafia clanique toute-puissante, beaucoup plus préoccupée de défendre, politiquement et économiquement, son pré carré que de financer une grande ambition nationale, à l’exception de Pasqua, sur le tard, lorsqu’il se lança dans l’aventure du RPF. Mais tous les ennuis de « Charlie » viennent, paradoxalement, de là. Le juge Philippe Courroye a ainsi signé, le 3 octobre der nier, trois ordonnances de renvoi accablantes le concernant et qui devraient le conduire devant la Cour de justice de la République. Pour bien comprendre la nature et l’ ampleur du futur scandale des Hauts-de-Seine, et prendre la mesure de l’onde de choc que provoquera l’ explosion de cette bombe, il faut bien avoir à l’esprit que l’opération de la Défense et l’ensemble des rénovations et réaménagements que ce projet suscita alentour, charrièrent les plus colossales sommes d’argent qui se puissent imaginer. Or, pourquoi la gauche, y compris la gauche communiste, longtemps bien implantée dans le département, se montra-t-elle si discrète à l’égard des incroyables dérives qu’entraîna dans son sillage cette juteuse assiette au beurre ? Parce que la droite dominante eut l’intelligence de lui laisser sa part, d’autant que Pasqua, s’il déteste les socialistes, n’a jamais caché une certaine tendresse à l’égard des communistes. Et certains élus, en particulier socialiste, furent purement et simplement... achetés.
Comment on passe de gauche à droite.
A cet égard, les Hauts-de-Seine présentent une particularité intéressante : la tendance des élus de gauche, particulièrement socialiste, à passer avec armes et bagages à droite.
Ceccaldi-Raynaud, on l’a dit, fut d’abord adjoint du maire socialiste de Puteaux, avant de tourner casaque. Pourquoi ça ?
Le maire d’Antony en 1958, Georges Suant, était PSU, il devint centriste puis RPR. Pourquoi ça ?
Georges Gorse, député-maire de Boulogne, était socialiste, il vira gaulliste de gauche puis RPR. Pourquoi ça ?
Le maire de Meudon, Henry Wolf, quitta lui aussi le PS et connut la même évolution. Pourquoi ça ?
Didier Schuller, avant de rejoindre le RPR, était radical de gauche. Pourquoi ça ?
Le secrétaire départemental du PS, Bernard Le Savouroux, fabiusien, qui permit au maire socialiste de Clichy, Gilles Catoire, de s’imposer, plus à coups de poing que d’arguments, passa d’un jour à l’autre au RPR. Pourquoi ça ?
Quant au « charme de Pasqua », il fit des ravages, puisque y succombèrent Maurice Leroy, communiste, aujourd’hui député UDF, et l’architecte soixante-huitard Roland Castro, qui, lui, est redevenu communiste. Il est vrai que la construction du pôle universitaire Léonard de Vinci constitua un projet fascinant.
La bombe va-t-elle exploser ?
C’est de plus en plus probable. D’abord parce que le départ programmé de Pasqua peut inciter ses successeurs - ou son successeur - à faire le ménage, comme le suggère le jeune maire d’Asnières Manuel Aeschlimann, ami de Nicolas Sarkozy, aidé en cela par l’indépendance de plus en plus grande des juges. « Sarkozy a l’esprit tranquille, dit-on dans son entourage, aucune des affaires ne le concerne directement. » Mais la Chiraquie, elle, confrontée à ses propres turpitudes passées, peut estimer que, si Sarkozy n’est pas directement concerné, tous ceux qui le sont, en revanche, jusqu’au cou, comptent parmi ses proches amis politiques. Encourager une déflagration de diversion qui pourrait atteindre le camp Sarkozy, les centristes de Bayrou et les pasquaïens peut être tentant pour les chiraquiens. Et cela aussi est explosif.
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> L’autre bombe dont l’expolsion menace la droite20 février 2005
Le colleur d’affiche de la campagne électorale de 1971 à Puteaux "Kaced Salah", ne fut pas poignardé, mais reçut 3 des 11 balles dont les impacts ont été relevés sur la carosserie de la camionette où avaient pris place les colleurs des affiches du Sénateur Dardel.
6 autres colleurs blessés par balles eurent la vie sauve.
Han Tang TU - louyetu@citoyen.com