RPR-UMP
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Michel Roussin
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Jacques Vergès
Financement du RPR : L’Elysée au secours de Casetta
QUELQUES JOURS avant le procès en appel de « l’ex-intendante » du RPR, Bertrand Landrieu, le directeur de cabinet du président de la République, a discrètement tenté de dissuader deux avocats de produire devant le tribunal de Versailles un document judiciaire mettant en cause l’ancienne « intendante » du RPR. Le bras de fer s’est déroulé en coulisses du procès Casetta, le mois dernier devant la cour d’appel de Versailles. Dans ce procès, un chef d’entreprise assure avoir remis 340 000 F en espèces à M m e Casetta, ce qu’elle nie. Louise-Yvonne Casetta, comme elle l’a fait devant le tribunal correctionnel de Nanterre en septembre 2000, obtenant la relaxe au bénéfice du doute, assure qu’elle n’a jamais collecté de fonds occultes. Qui dit vrai ? Pittau, condamné à dix-huit mois avec sursis, qui dit avoir remis l’argent ? Ou Casetta, qui assure ne les avoir jamais touchés ? Dans ce contexte, les deux avocats de l’homme d’affaires décident d’apporter au tribunal des éléments découverts par des juges dans un autre dossier, celui des lycées d’Ile-de-France et notamment une synthèse, publiée par « le Monde » en juillet dernier.
Un texte accablant
Dans ce texte, accablant, les enquêteurs eux-mêmes, trois juges, désignent Louise-Yvonne Casetta et Michel Roussin, l’ancien bras droit de Jacques Chirac à la mairie de Paris, comme les pivots du système de collecte de fonds, et évoquent des sommes en liquide. Un portrait « collant » assez bien avec celui dressé par Jean-Claude Pittau. Juste avant le procès de Versailles, l’Elysée va donc tenter de dissuader les avocats de Pittau, M e Michel de Guillenschmidt et Francis Baillet, de produire cette synthèse. Selon nos informations, une réunion s’est déroulée au bar du Crillon. La veille, Bertrand Landrieu avait appelé M e Michel de Guillenschmidt sur son lieu de vacances, et lui avait indiqué qu’il souhaitait le rencontrer en urgence. Ancien délégué du RPR aux questions humanitaires, M e de Guillenschmidt décide de se rendre à ce rendez-vous accompagné de son associé, M e Francis Baillet. Au bar du palace, les deux avocats écoutent le directeur de cabinet du président de la République, qui les incite vivement à ne pas produire la synthèse (*). Ils décideront de passer outre, au nom de la défense de leur client, s’attirant aussitôt la colère de M e Jacques Vergès, l’avocat de Casetta. « On ne peut pas produire des pièces d’une affaire dans une autre affaire, tempête M e Vergès, considérant que sa cliente ne pouvait « pas se défendre d’accusations proférées contre elle dans un autre dossier judiciaire ! » M e Vergès, rejoint par M e Pierre Haïk, l’avocat de Michel Roussin, a déposé plainte pour recel de violation du secret de l’instruction.
(*) Interrogé hier, Bertrand Landrieu n’a pas souhaité commenter nos informations.