Jean-Charles Marchiani

Francis Szpiner

ANGOLA

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Le Télégramme, 22 12 2000

F. Szpiner, avocat de Paul-Loup Sulitzer dans l’affaire des ventes d’armes à l’Angola.

Ventes d’armes : Un fils de Mitterrand écroué

Soupçonné d’avoir touché de l’argent pour faciliter des contrats de ventes d’armes en Afrique, Jean-Christophe Mitterrand, fils de l’ancien président, a été mis en examen et écroué hier soir. Jean-Christophe Mitterrand a été mis en examen et écroué pour "trafic d’influence, complicité de trafic d’armes et recel d’abus de biens sociaux" dans une affaire de blanchiment et de ventes d’armes entre la France et l’Afrique. Son avocat a indiqué qu’il allait faire appel dès ce matin du placement en détention de son client, selon la procédure d’urgence de référé liberté. Jean-Christophe Mitterrand, 54 ans, conseiller pour les Affaires africaines à l’Elysée de 1986 à 1992, a été mis en examen par les juges Philippe Courroye et Isabelle Prévost-Desprez, après une journée de garde à vue dans les locaux de la brigade financière.

Paul-Loup Sulitzer en liberté surveillée

L’écrivain Paul-Loup Sulitzer, également placé en garde à vue et présenté aux juges dans la même affaire, a lui aussi été mis en examen mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire, a déclaré son avocat Francis Szpiner, cette nuit. Les enquêteurs soupçonnent les deux hommes d’avoir reçu d’importantes sommes d’argent pour faciliter la conclusion, en 1993 et 1994, de contrats de ventes d’armes au régime du président angolais José Eduardo dos Santos en proie à la rébellion de l’Unita, dirigée par Jonas Savimbi.

Armes russes vendues à l’Angola

Jean-Christophe Mitterrand aurait reçu plusieurs centaines de milliers de francs de Pierre Falcone, dirigeant de fait de Brenco International, une entreprise de vente d’armes, mis en examen et écroué le 1er décembre dans cette affaire. Brenco aurait vendu sans autorisation des armes russes à l’Angola. La justice soupçonne Pierre Falcone d’avoir tenté de profiter des relations en Afrique de Jean-Christophe Mitterrand, conseiller pour les Affaires africaines à l’Elysée de 1986 à 1992. "Si Jean-Christophe Mitterrand a touché de l’argent, je ne peux pas imaginer que cela soit pour des choses illégales", a indiqué un des avocats du fils aîné de François Mitterrand. Le 1er décembre, une perquisition avait été menée au domicile de Jean-Christophe Mitterrand dans le cadre de cette enquête. Le même jour ou les jours suivants, des perquisitions avaient également été menées dans les bureaux ou domiciles de Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, Jean-Charles Marchiani (RPF) ainsi qu’au siège du Rassemblement pour la France (RPF) à Neuilly et au Conseil général des Hauts-de-Seine, présidés par Charles Pasqua.

Leurs noms sur des disquettes

La semaine dernière, l’ancien directeur général de la Sofremi (Société française d’exportation du ministère de l’Intérieur), Bernard Poussier, a été mis en examen et écroué. Un proche de Jean-Christophe Mitterrand, Jean-Noël Tassez, ancien président de la Sofirad, est également poursuivi mais a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire. La Sofirad est un organisme qui détient les participations de l’Etat dans une trentaine de sociétés audiovisuelles en France et à l’étranger. Les noms de Jean-Christophe Mitterrand, Jacques Attali, Jean-Charles Marchiani, Jean-Noël Tassez et de Paul-Loup Sulitzer, apparaissent sur des disquettes informatiques, saisies par les enquêteurs, comportant une liste de personnes et de sociétés rémunérées par Brenco International en marge de contrats d’armement.

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