Francis Szpiner

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Dépêche voila actualité, 4 juin 2002

En Bresse, deux avocats s’affrontent sur le terrain des "affaires"

En Bresse, deux avocats s’affrontent sur le terrain des "affaires" L’avocat chiraquien Francis Szpiner, sauveur du chef de l’Etat dans les "affaires", affronte dans une campagne virulente en Bresse un autre avocat, le socialiste Arnaud Montebourg, qui a tenté de faire traduire le président en Haute Cour.

mardi 4 juin 2002 13:48 "Montebourg, je le hais, je le méprise, sa vision de la VIe République est infâme", déclare Francis Szpiner, 48 ans, à Reuters. Arnaud Montebourg, 39 ans, élu par surprise en 1997, qualifie de son côté son rival de "spadassin de Chirac". "Il est venu en mercenaire régler ses comptes sur le dos de la population de Bresse et du Val-de-Saône. Il sera mangé par les lions", prédit-il.

Au tableau de chasse de l’avocat Arnaud Montebourg : Alain Juppé, alors Premier ministre, qui a dû déménager en 1995 en raison d’une plainte sur les logements de la ville de Paris. A l’Assemblée, l’avocat a ensuite rassemblé une trentaine de signatures sur un projet de résolution de renvoi de Jacques Chirac en Haute Cour, abandonné en 2001 après un arrêt en cassation sur le statut pénal du président.

De son côté, Me Szpiner est intervenu très souvent au nom de tiers dans les enquêtes visant le chef de l’Etat, obtenant annulations de procédures ou délais supplémentaires. C’est lui qui, avec d’autres, a fait dessaisir le juge de Créteil Eric Halphen, qui avait convoqué Jacques Chirac comme témoin en avril 2001.

La presse et le PS prêtent à Francis Szpiner un rôle de conseiller "occulte" du président, qu’il dément. L’Elysée cherche-t-il en Bresse à abattre son pire ennemi ? Francis Szpiner, dont c’est l’entrée en politique, nie encore. Il affirme être venu "parce que les militants RPR de Saône-et-Loire l’ont voulu". Pourtant, la droite locale n’a guère apprécié son parachutage et a tardé à se ranger derrière lui. L’investiture UMP, imposée semble-t-il d’en haut, a été contestée même par Dominique Perben, ministre RPR de la Justice et maire de Chalon-sur-Saône.

PHOTO DE SCHULLER

Autour de Louhans, dans cette 6e circonscription de Saône-et-Loire, le combat se joue sur ce terrain des affaires. Dans son journal de campagne, Arnaud Montebourg a publié une photo qui montre Francis Szpiner aux Bahamas en 1996 avec Didier Schuller, élu RPR alors en fuite, incarcéré en février. Sur deux pages, l’avocat de droite est décrit comme "le représentant de l’affairisme chiraquien" et accusé de préparer une loi d’amnistie.

"Je n’ai pas de leçon à recevoir des socialistes, qui ont amnistié des terroristes. J’attends la proposition du ministre de la Justice pour me prononcer et je propose un projet de loi pour combattre mieux la corruption", répond Francis Szpiner.

Dans la circonscription, Arnaud Montebourg bénéficie de cinq ans d’implantation. Sur un marché de Pierre-de-Bresse, costume bleu nuit, décontracté, sourire aux lèvres, il force un peu un accent traînant. Il fait ses emplettes chez le fromager, paye sa tournée au bistrot et s’attable avec des agriculteurs éméchés. Une dame l’arrête : "à la présidentielle, j’ai voté Le Pen, ça va peut-être les réveiller. Mais, pour les législatives, ce sera vous", dit-elle.

Au premier tour de la présidentielle, le 21 avril, les deux candidats d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret, ont obtenu 21,5% des voix dans la circonscription. "On reprend les voix de Le Pen, parce qu’on a décidé de faire sauter la baraque. Le système est pourri depuis vingt ans. Le Tiers Etat est en train de se révolter contre la République aristocratique", commente Arnaud Montebourg.

Le même jour, Francis Szpiner fait la tournée des commerces de Louhans. Légion d’honneur au revers de la veste, le petit avocat a la raideur des débutants en politique quand il tend ses professions de foi : "Bonjour, Francis Szpiner, je suis candidat aux législatives, je vous apporte un peu de littérature". L’accueil est poli mais un peu froid. Quand on l’interpelle sur un projet de centre commercial, il s’arrête un instant et reprend son souffle. "Ecoutez, j’en ai parlé avec Raffarin, je pense que ça ne se fera pas". La semaine dernière, Francis Szpiner a fait venir le judoka David Douillet et le ministre des Affaires sociales François Fillon pour tenter de stimuler sa campagne.

Le seul sondage réalisé donne près de vingt points d’avance à Arnaud Montebourg au premier tour et prédit une victoire écrasante du candidat PS au second, même en cas de triangulaire avec la candidate FN Marie-Anne Dubreil.

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