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Retraites : la réforme rêvée de Nicolas et Guillaume Sarkozy
Nicolas Sarkozy et Guillaume Sarkozy (Philippe Wojazer et Charles Platiau /Reuters)
Connaissez-vous Guillaume Sarkozy ? C’est un des frères de Nicolas. C’est aussi le DG d’un groupe d’assurance. Il y a quelques années, Guillaume dirigeait une entreprise de textile. Mais il s’est reconverti dans l’assurance santé et l’assurance retraite. C’est plus rentable. D’autant que Guillaume a des projets pour développer son affaire et il connaît quelqu’un, au sommet de l’Etat, qui veut l’aider à réaliser ses projets.
Le 4 juin 2008, Le Monde a publié un document qui dévoilait les intentions de Guillaume Sarkozy :
« La Caisse des dépôts et le groupe Médéric, qui est dirigé par Guillaume Sarkozy, veulent créer une filiale commune spécialisée dans le financement des retraites. Un document de travail daté du 16 mai et estampillé “confidentiel”, relève que, en 2020, les non-cadres subiront une baisse de 5% du taux de remplacement pour une carrière complète et les cadres subiront une baisse de 20%.
Les grandes lignes de ce projet de partenariat sont posées : la création d’une “nouvelle entreprise d’assurance”, qui proposera “un bilan retraite et des services adaptés, en phase d’épargne et au moment de la retraite” aux salariés. L’objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2019. Les futurs partenaires se fixent “des taux de rentabilité raisonnables sur le long terme”. »
Chez les Sarkozy, on se partage le travail : Nicolas diminue le niveau des retraites et Guillaume propose des complémentaires aux salariés les mieux payés. Quelle équipe. Quel cynisme !
« Le recul de l’âge de la retraite ne sert à rien »
Pour comprendre comment la réforme Sarkozy va amener à une baisse quasi-générale des retraites, il faut cesser les débats pseudo-théologiques sur la « retraite à 60 ans » et regarder la réalité des chiffres : aujourd’hui, quand un salarié solde sa retraite, à 61 ans en moyenne, il est au chômage ou au RMI-RSA depuis trois ans (en moyenne). Il n’y a que 22% des salariés qui sont encore au travail quand ils partent en retraite.
Dans ce contexte de chômage de masse, quel impact aurait l’allongement de la durée de cotisation que veut imposer le clan Sarkozy ? Une année de cotisation en plus pour bénéficier d’une retraite à taux plein ? Pour tous ceux et celles qui sont au chômage (presque 80 % des salariés), il ne sera pas possible de cotiser un an de plus. Il va leur manquer quatre trimestres. Ils subiront donc une décôte de 10% !
Allonger la durée de cotisation sans avoir fait radicalement reculer le chômage des 58-62 ans ne peut en aucun cas « sauver les retraites ». Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE, écrivait dans Le Monde du 6 mars 2001 :
« S’il n’est pas porté remède au chômage, le recul de l’âge de la retraite ne sert à rien. Cela revient à demander aux gens de travailler plus longtemps alors qu’ils manquent déjà de travail. Le vrai problème, c’est le chômage. »
Comment fait-on pour vivre avec 900 euros par mois ?
Voilà comment, avec des arguments pleins de bon-sens (« l’espérance de vie a augmenté, donc il faut cotiser plus longtemps »), on prépare une baisse généralisée du niveau de vie des retraites de la Sécurité sociale. Ceux qui veulent développer les systèmes d’assurance privés sont évidemment très favorables à cette réforme mais on comprend que tous les syndicats s’opposent à ce nivellement par le bas.
Baisser aussi fortement le niveau de vie de millions de retraités serait vraiment scandaleux : derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes qui veulent vivre -vivre pleinement et pas seulement survivre ou sousvivre- avec ce que la Sécu leur verse. Comment fait-on pour vivre avec 900 euros par mois ? Comment fait-on pour accueillir ses petits-enfants quand chaque sou est compté ? Un spécialiste du dossier explique :
« Soyons clairs : sans doute faudra-t-il un jour travailler plus longtemps. Mais tant que l’on ne s’est pas donné les moyens de lutter radicalement contre le chômage, travailler plus longtemps est contre-productif.
C’est comme quand on fait du vélo en montagne : bien sûr qu’après avoir passé le col, il faudra freiner. Mais si on freine dans la montée, on n’arrivera jamais au col ! La priorité, la seule, c’est de lutter contre le chômage et les petits boulots. »
Dans son dernier livre, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, affirme que, depuis deux ans, sous prétexte de « sauver les banques », on a consacré des centaines de milliards à sauver les actionnaires des banques. Une autre stratégie, totalement différente, était possible pour sauver les banques, mais Stiglitz montre que Obama et la plupart des chefs d’Etat ont plié devant les pressions des banquiers et du « big business ».
De même, sous prétexte de vouloir « sauver les retraites » (qui peut s’opposer à cet objectif ? ), Nicolas Sarkozy veut imposer une réforme dont l’objectif n’est absolument pas de sauver les retraites, mais de favoriser ceux qui veulent développer des systèmes d’assurance privée : son frère et ses amis.
Augmenter le nombre de ceux qui cotisent
Pour sauver les retraites, l’essentiel aujourd’hui n’est pas d’augmenter le nombre de trimestres de cotisation mais d’augmenter le nombre de ceux et celles qui ont un emploi, augmenter le nombre de ceux qui touchent un vrai salaire et donc augmenter le nombre de ceux qui cotisent…
On ne pourra pas sauver les retraites si on ne parvient pas à lutter radicalement contre le chômage et la précarité. Hélas, presque trois ans après leur arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy et François Fillon n’ont engagé aucune réforme pour lutter contre le chômage et la précarité. Le total des inscrits à Pôle emploi a augmenté de 800 000 en dix-huit mois, mais le gouvernement semble se moquer totalement de cette question. Ce silence en dit long sur les priorités de l’équipe au pouvoir.
Le chômage et la précarité sont au cœur de la crise dans laquelle s’enfonce notre pays : que l’on parle du dossier des retraites, de l« ’intégration des jeunes de banlieue » ou de la défiance de plus en plus grande des citoyens vis-à-vis des politiques, on en revient toujours au lancinant problème du chômage.
Pour vaincre le chômage, nous ne pensons pas qu’on puisse encore et toujours attendre le retour de la croissance (voir à ce sujet notre réponse vidéo à Luc Chatel : Sainte Rita fera-t-elle revenir la croissance ? ). Attendre le retour de la croissance n’est pas la solution, il faut agir !
Voilà pourquoi, dès le mois d’avril, Europe Ecologie veut organiser dans chaque région des Etats généraux de l’emploi. En investissant massivement dans le logement, en investissant massivement dans les transports en commun, en investissant massivement dans les économies d’énergie, en développant sur tous nos territoires des réseaux de PME et des entreprises de l’économie solidaire, en favorisant une agriculture moins polluante (et plus riche en emplois), en développant les circuits courts économes en énergie mais riches en emplois non-délocalisables, en engageant vraiment la transformation écologique de nos économies, nous pouvons créer des centaines de milliers d’emplois.
Certains voudraient nous faire croire qu’entre la crise écologique et la crise sociale, il faut choisir. C’est impossible car les deux crises sont aussi graves. Et il est tout à fait possible de répondre en même temps à la crise écologique et à la crise sociale. Dans ces deux domaines, des choses intéressantes ont été faites depuis six ans dans les régions socialistes mais il est vital, il est urgent, d’aller plus loin, plus vite. Il est vital, il est urgent d’agir avec des outils et des méthodes nouvelles. Tel est notre objectif.
Cécile Duflot, tête de liste Europe Ecologie en Ile-de-France et secrétaire nationale des Verts.
Pierre Larrouturou, tête de liste Europe Ecologie dans les Hauts-de-Seine.