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Les molex se sont bien fait rouler
Quelle mouche a piqué les salariés de Molex ? Depuis l’annonce, le 23 octobre dernier, de la fermeture prochaine de leur usine de Vilemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), ils menaient une classique bataille syndicale. Six mois plus tard, le 20 avril, changement de programme : deux cadres sont séquéstrés, puis chahutés devant les caméras, lors de leur libération.
Les raisons de leur fureur ? Les Molex venaient d’intercepter un courriel du "manager achats" du groupe PSA adressé, ce même jour, aux principaux responsable de la fabrication, chez Peugeot et Citroën. Avec un parfait cynisme, ce document exosait le plan mis au point afin de court-circuiter l’usine de Villemur.
Des extraits de ce texte ont été publiés dans "l’Humanité" du 22 avril. "Vous n’êtes pas sans savoir que Molex a préparé un plan de sécurisation", y expliquait le "manager achat". Et de décrire les mesures prises par la direction américaine en prévision de la fermeture du site : "doublage des outillages spécialisés aux Etats-Unis" et "mise en place de stocks de sécurisation importants". Et, bien entendu, il fallait "conserver un maximum de confidentialité sur ces sujets".
Jusqu’en 2004, cette boîte se dénommait Cinch, filiale de Labinal (groupe Safran). Fournisseur exclusif de Peugeot et Citroën, elle produisait des équipements automobiles à partir de brevets lui appartenant. Lorsque le groupe américain Molex a décidé d’acheter la société, cadres et ouvriers ont craint que ce ne soit uniquement pour mettre la main sur les brevets et le "marché" de PSA. Mais leurs nouveaux patrons yankees ont alors juré que l’usine de Villemur resterait le seul fournisseur des marques française et que sa production serait exclusivement fabriquée dans l’Hexagone. Cinq ans plus tard, ils apprennent que l’outillage de production a été "cloné" et qu’on leur a menti.
Mieux : en prévision d’une inévitable grève, la direction les avait fait bosser encore un peu plus afin de constituer - en Hollande - un stock de pièces qui alimentent à présent les usines PSA.
Et le pire, pour eux, est que ce hold-up a été perpétré avec la complicité des responsables français de l’usine, qui ont permis que plans et brevets de production soient raflés. Alors qu’ils étaient censés les "séquestrer".