Jacques Chirac
- Quatre témoins oubliés du procès Clearstream risquaient de mettre en cause Chirac.
- Les trente ans de baraka judiciaire de Chirac
- Jacques Chirac risque dix ans de prison
- Chirac renvoyé en correctionnelle
- Chirac, un justiciable ordinaire
- LUXE : Claude Chirac va intégrer le groupe Pinault
- Affaire Borrel : Chirac a aidé Djibouti aux dépens de la justice
- clichés de politiques
- Le patrimoine du couple Chirac s’élève à 1,4 million d’euros
- Vol d’un manuscrit sur le passé du père de Chirac
- Pasqua contre Chirac, tout contre
- "Chaises vides" au procès en appel des marchés publics d’Ile-de-France
- Les affaires dans lesquelles Jacques Chirac a été cité
- Nomination de Laurent Le Mesle : l’Elysée critiqué
- Chirac et le compte du Japon
- Billets d’avion de M. Chirac : les poursuites sont abandonnées
- Des chiraquiens veulent prolonger l’immunité de M. Chirac
- Jean-Charles Marchiani met en cause MM. Chirac et Pasqua
- Quand Marcel Dassault devient riche
- Enquête sur les dépenses incontrôlées de la présidence Chirac
- Affaires : Un Corrézien multicartes dans l’ombre de la Chiraquie
- Aux quatre coins de l’Etat, les hommes du président
- M. Chirac a nommé des proches au Conseil économique et social
- Ouverte en 1989, l’enquête sur les faux électeurs du 3e arrondissement de Paris touche à son terme
- Les emplois fictifs du RPR, l’affaire qui empoisonne la vie d’Alain Juppé
- Menace de crash sur l’Elysée.
- Les vols litigieux du candidat Chirac
- Un livre-polémique sur les "frais de bouche" des Chirac
- livre : Affaires africaines (1983)
- Chirac ne sera pas condamné pour non-respect de promesse
- François Pinault : L’homme qui murmure aux oreilles de Jacques Chirac
- Villa des Chirac rue du Bac
- La fortune des Chirac
- 600 millions de francs détournés en 7 ans : Ces révélations qui font trembler Chirac
- Chirac à demi-mot sur l’affaire Méry
- Affaires Chirac-DSK, 10 questions empoisonnées
- Le dérapage d’Autun : Un dérapage de Jacques Chirac
Quand chirac rendait service...
Lorsqu’il était maire de Paris, il a multiplié les petits arrangements entre amis. Conséquence aujourd’hui : il est le premier ancien président à être mis en examen.
L’histoire remonte à la fin 1992. François Baroin, alors journaliste politique à Europe 1, décide, sur les conseils de son mentor Jacques Chirac, de se présenter aux prochaines législatives. Le futur candidat se met donc en congé de la station, le temps de la campagne. Mais pas question pour le bébé Chirac de rester sans revenus. Le voilà donc bombardé « chargé de mission à durée limitée » avec un salaire hors cadre (environ 4 500 euros), mais sans aucune affectation. Un contrat qui prend fin au lendemain de son élection comme député de l’Aube en mars 1993.
Le futur - et bref - ministre de l’Intérieur du gouvernement Villepin faisait-il partie des « personnes chargées d’éclairer (le maire de Paris) sur des questions de fond », comme tente de se disculper aujourd’hui l’ex-président ? Ou son cas ressort-il plutôt selon lui de ces « hommes et femmes de qualité (...) traversant une période difficile et à qui j’ai voulu redonner une chance » ? Pour la juge d’instruction Xavière Simeoni, le contrat Baroin fait plus prosaïquement partie des 35 recrutements litigieux du cabinet du maire de Paris (sur les 285 examinés par les enquêteurs) lorsque Jacques Chirac présidait aux destinées de l’Hôtel de Ville. Un des cas qui justifie, aux yeux de la juge, une historique mise en examen pour « détournement de fonds publics ». La première mise en cause judicaire d’un ancien chef de l’Etat, aujourd’hui dépourvu de toute immunité. Jacques Chirac va maintenant consacrer le début de sa retraite à s’expliquer, cas par cas, sur le « nouveau système » qu’il avait mis en place dès son élection à la Mairie de Paris en 1977 et dont il affirme aujourd’hui « assumer toute h responsabilité ».
Au terme de l’instruction ouverte il y a neuf ans, après une plainte astucieuse du très tenace avocat Pierre-François Divier ( 1 ) , les enquêteurs pensent avoir mis au jour les grandes lignes du fonctionnement de la chiraquie municipale, fondé sur 1 octroi de rémunérations de complaisance à ses obligés. Un système à forts relents clientélistes. La facilité d’embaucher des chargés de mission servait d abord a la pente cuisine électorale du maire. Pour se concilier des alliés politiques comme le CNI, petit parti de la majorité municipale, par exemple. Six de ses membres émargeaient au cabinet du maire sans jamais y mettre les pieds. Les enquêteurs se sont amusés à en chiffrer le coût : 450 000 euros par an. Dans le système Chirac, même l’opposition était servie. Ainsi Eric Ferrand, l’actuel adjoint de Bertrand Delanoë à l’Hôtel de Ville, chargé de la vie scolaire, bénéficiait-il d’un emploi Chirac dans les années 1984 à 1989. Au cours de l’enquête, celui-ci a reconnu travailler alors pour le socialiste Georges Sarre, leader de l’opposition, à la permanence de celui-ci et avoir abandonné cet emploi litigieux après son élection au conseil municipal.
Au calcul strictement politique s’ajoutaient également des motivations plus affectives. L’Association pour la Promotion des Arts, une oeuvre municipale présidée par Bernadette Chirac en personne, avait ainsi été dotée de quatre emplois de cabinet. Les épouses des proches n’étaient pas non plus oubliées. Ainsi en est-il par exemple d’Annick Demoustier-Perben, dont le contrat d’embauché à 2 800 euros net par mois comporte comme seule précision, en guise de CV, la mention « épouse de Dominique Perben, député de Saône-et-Loire ». Son affectation est, elle, encore plus floue. « Direction des affaires culturelles et/ou secrétariat général du Conseil de Paris », selon les archives saisies à l’Hôtel de Ville.
« Ces recrutements, je les ai souhaités ou autorisés parce qu’ils étaient légitimes ou nécessaires », affirme aujourd’hui l’ancien président sur procès-verbal. « Je ne connaissais pas pour autant leur nombre précis ni même le nom de leurs bénéficiaires, car je ne m’en occupais pas directement », prend-il néanmoins le soin de préciser. Pour se laver les mains de certains abus plus criants que d’autres ? Pendant un an, par exemple, Michèle Delors, l’épouse de l’ancien ministre UDF Hervé de Charette, a réussi à se faire payer deux fois par l’Hôtel de Ville. De novembre 1984 à novembre 1985, elle bénéficiait de deux contrats : l’un à son nom de jeune fille, l’autre à celui de son mari !
(1) "Le Jacques Pote" (Alias, 2002).