affaire Edouard Stern

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LEMONDE.FR avec AFP | 19.12.07

Les autorités françaises mises en cause dans l’affaire du meurtre du banquier Edouard Stern

La première audience publique sur le meurtre du banquier français Edouard Stern en février 2005 s’est ouverte, mercredi 19 décembre, devant la chambre d’accusation de Genève.

Cécile Brossard, qui était la maîtresse de M. Stern et a avoué son meurtre, est apparue pour la première fois en public depuis son arrestation en mars 2005. Ses avocats ont renoncé à demander le huis clos, déclarant "qu’elle n’a rien à cacher". Le banquier a été tué de quatre balles alors qu’il était revêtu d’une combinaison en latex, évoquant une relation sado-masochiste avec sa maîtresse.

"LA PREMIÈRE SALVE VENAIT DES OFFICINES PARISIENNES"

Avant même le début du procès, les avocats de la famille Stern avaient plaidé l’assassinat prémédité commis par une femme manipulatrice, alors que la défense avait soutenu la thèse du crime passionnel commis par une victime d’une relation perverse. Lors des premières plaidoiries, mercredi, la partie civile a attaqué Cécile Brossard, coupable d’avoir "attisé les fantasmes d’un homme de 50 ans". L’avocat de la famille Stern, Me Marc Bonnant, a surtout émis des accusations contre les autorités françaises, coupables d’avoir sali le banquier après sa mort, en raison d’un procès qu’il intentait contre l’entreprise chimique Rhodia, dont il était actionnaire minoritaire. "La première salve venait des officines parisiennes pas trop loin du pouvoir. Parce que Edouard Stern plaidait contre Rhodia, qui n’était pas trop loin du ministre des finances", a-t-il lancé. Thierry Breton, ministre des finances à l’époque des faits, a été administrateur de Rhodia entre 1998 et 2002.

"UN TANGO MORTEL"

Suite aux plaintes pénales déposées par M. Stern et par un autre financier français, Hughes de Lasteyrie, une information judiciaire a été ouverte contre Rhodia en octobre 2004 pour "présentation de comptes inexacts, diffusion d’informations fausses et mensongères sur la situation d’un émetteur coté sur un marché réglementé, délit d’initié et recel de délit d’initié".

La défense a soutenu pour sa part que M. Stern, qui possédait, des "images très gravement déviantes (...) sur son ordinateur", ne serait en aucun cas "la malheureuse victime manipulée d’une dérive sexuelle incontrôlée", mais bien une partie intégrante d’une relation décrite comme "un tango mortel". La cour se prononcera sur le maintien ou non de plusieurs éléments du dossier, dont le témoignage de deux personnes demandé par l’accusation, dans une quinzaine de jours, avant le procès prévu fin 2008.

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